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Ils ont fait de leur popularité un métier qui rapporte gros: qui sont ces "influenceurs", nouvelles stars des réseaux sociaux?

Ils ont fait de leur popularité un métier qui rapporte gros: qui sont ces
© RTL INFO

Une récente enquête américaine montre qu'un jeune sur deux veut devenir "youtubeur". En quoi consiste la nouvelle profession qui consiste à être "influenceur" ? Est-il possible d'en vivre? Rencontre avec trois d'entre eux.

C'est le nouveau rêve d'une grande partie des adolescents: devenir influenceur. On appelle "influenceurs" ces stars des réseaux sociaux qui vivent des photos, vidéos et autres articles qu'ils postent sur les réseaux sociaux. Plusieurs questions se posent alors face à l'émergence de cette nouvelle profession. Combien faut-il d'abonnés pour espérer en faire son métier? Combien gagnent en moyenne les influenceurs? Nous en avons rencontré pour tenter de répondre à ces questions.


Entrevue avec Jonathan Kubben, créateur de "Mom I'm Fine"

En quelques années, Jonathan Kubben a fait grimper son nombre d'abonnés sur Instagram. Celui qui voyage un peu partout dans le monde a pris l'habitude de poser avec un écriteau "Mom, I'm fine (qui se traduit par Maman, je vais bien). Il poste ensuite ses clichés sur son compte Instagram.

Aujourd'hui, 358.000 personnes suivent ses aventures. C'est suffisamment pour que ses publications soient rentables et lui permettent de gagner sa vie. L'argent qu'il gagne vient ainsi des fédérations de tourisme, des marques d'appareils photo, des voitures qu'il montre ou mentionne dans ses publications. "Lorsque j'utilise une voiture dans une vidéo, plusieurs centaines de milliers de personnes vont voir la marque et donc le fournisseur sera content", nous explique Jonathan Kubben qui n'a pas dû débourser le moindre centime pour obtenir ce véhicule. 

Jonathan vient d'engager une secrétaire et une vidéaste. Il espère agrandir son équipe avec deux personnes supplémentaires d'ici la fin de l'année. Impossible de savoir précisément combien gagne l'influenceur mais il "gagne très bien" sa vie, nous assure-t-il. En plus des avantages en nature, sa société facture un montant annuel dépassant largement les 100.000 euros.


 

Rencontre avec Maurane Crespin à la tête de "Chronique d'une accro au resto"

Avec sa "chronique d'une accro au resto", Maurane affiche 120.000 fans sur Facebook et 11.800 abonnés sur Instagram. Elle a déjà photographié et commenté ses repas dans plus de 300 restaurants en Belgique. Le plus souvent, la jeune femme ne paie pas son addition. Et lorsqu'elle propose des partenariats plus avancés comme des concours ou des vidéos, elle est rémunérée. A propos de ses tarifs, elle joue la transparence. "Un post coûte de 500 à 2000 euros. Ça dépend de ce qu'il y a derrière, si je dois faire appel à des gens pour m'aider,etc", nous indique-t-elle. 

De nombreux restaurants et fabricants de produits alimentaires tentent de s'immiscer sur sa page Facebook en l'invitant ou en lui proposant des partenariats. Maurane Crespin est contrainte de refuser beaucoup de propositions. "Quick m'a contactée mais je n'ai pas envie de collaborer avec eux. Pareil pour Nestlé. Il y a des marques à qui je dirai toujours non car ça ne rentre pas dans mon système de valeurs", explique-t-elle. Même si elle pourrait en vivre, influenceuse est pour l'instant une activité complémentaire.



Rendez-vous avec Jill Vandermeulen alias "Silent Jill"

Animatrice pour RTL TVI, Jill Vandermeulen est aussi très productive sur les réseaux sociaux. Elle compte 269.000 abonnés sur Youtube. Elle place également des produits sur Instagram, visibles par 250.000 abonnés. Côté financier, elle reste discrète. "Tout le monde ne gagne pas bien sa vie. Je n'ai pas envie, en dévoilant mon salaire, que certaines personnes se sentent mal par rapport à leur travail", lâche-t-elle. Hors caméras, elle confesse tout de même que son rôle d'influenceuse lui rapporte beaucoup plus d'argent que son contrat d'animatrice chez RTL TVI. Elle tient aussi à préciser que c'est un vrai travail qui ne se résume pas à quelques photos ou vidéos commentées. "Gérer les réseaux sociaux me prend 4 à 5 heures par jour. Chaque jour, je dois mettre du contenu", affirme-t-elle.

Une récente enquête américaine montre qu'un jeune sur deux veut devenir youtubeur. Pour en vivre, quel est le nombre minimum d'abonnés? "En-dessous de 50.000, c'est difficile d'en vivre", indique Jonathan Kubben. "A partir de 20.000 followers, j'ai commencé à avoir des collaborations rémunérées", contraste Maurane Crespin. "Certaines influenceuses travaillent déjà à partir de 15.000 abonnés", ajoute Jill Vandermeulen. 

Selon nos trois intervenants, c'est un nouveau marché en pleine expansion. Et il y a encore beaucoup de place pour de nouveaux influenceurs rémunérés. Ne reste plus qu'à trouver la bonne idée et la meilleure manière de la faire vivre sur le web. 

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