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Ivano, aide familiale à Liège, participe à la manifestation contre l'assurance autonomie: "On va mettre notre job en péril"

Ivano, 31 ans, est aide soignant à Liège-ville depuis deux ans. Ce mardi matin, il a manifesté à Namur contre l'assurance autonomie. Avant d'embarquer dans le car à Seraing pour rejoindre la manifestation organisée par la FGTB et les fédérations patronales du secteur de l'aide à domicile FEDOM (fédération wallonne de services d'aide à domicile) et CSD (centrale de services à domicile) , il a déclenché le bouton orange alertez-nous pour nous confier son inquiétude. Au centre de ses préoccupations, le projet de l'assurance autonomie porté par la ministre wallonne de l'Action sociale et de la Santé, Alda Greoli. "Si cette loi est adoptée, cela reviendrait aux bénéficiaires à payer 35 euros de l'heure pour avoir de l'aide à domicile. C'est trop et cela va surcharger les hôpitaux qui vont se retrouver bondés. Cela va mettre en péril les hôpitaux et cela va mettre notre job en péril. Cela va être une catastrophe", redoute le Liégeois.

Les aides familiales s'occupent à domicile de personnes souffrant de problèmes physiques, ou d'autres. Et Ivano d'expliquer: "Nous rendons visite à des patients qui se sentent heureux chez eux et qui veulent le rester. On s'occupe de personnes qui souffrent de différents maux. Qu'ils soient alcooliques, handicapés physiques, des personnes souvent âgées qui n'ont plus de famille, qui ont des graves problèmes physiques, mais qui souhaitent rester chez elles et ne veulent pas être placées. Parfois on amène les patients à des visites médicales, on cuisine pour certains, on les aide quand ils sont perdus ou on apporte un soutien psychologique quand ils souffrent de dépendance ou de solitude. On est là pour leur remonter le moral". 

En début de semaine, les employeurs du secteur avaient dit craindre qu'entre 30 et 40% des bénéficiaires actuels du système en soit exclu si le projet est adopté en l'état. La FGTB, de son côté, avait redit ses craintes, la semaine dernière au cours d'une rencontre avec la ministre, "face à un texte qui a été rédigé sans concertation et qui remet en cause le fonctionnement même du système, avec une grille de lecture mise en place pour les soins de santé et pas pour le secteur de l'aide à domicile", avait pointé Tangui Cornu (FGTB Horval).

Les représentants du secteur demandent au gouvernement wallon de revoir sa copie: "Nous lui demandons de revoir les aspects fondamentaux qui sont le financement. Qu'il soit un financement additionnel et pas un financement substitutif et on lui demande de garantir, à la fois aux aides familiales et aux services que l'ensemble des bénéficiaires continueront d'être couverts et que l'assurance autonomie soit un complément", a détaillé un syndicat à notre journaliste Christophe Clément.

Recevant en fin de matinée une délégation de manifestants, la ministre wallonne Alda Greoli tient à se montrer rassurante: "Il n'y a pas de modification du métier d'aides familiales. Elles jouent un rôle essentiel dans le maintien à domicile. Et donc il n'est pas question de modifier le métier des aides familiales. Je pense que c'est vraiment important que tout le monde l'entende", a insisté la ministre.

Selon elle, les 100 millions d'euros récoltés dès 2020 grâce à la contribution des Wallons s'ajouteront aux moyens déjà consacrés à cette politique. A ses yeux, c'est donc une avancée et non un recul.

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