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L'agriculture urbaine se développe à Bruxelles

Pour offrir aux citadins des fruits et légumes en circuit court, certaines villes développent de plus en plus l'agriculture urbaine. Exemples à Bruxelles.

L’agriculture en ville se cache parfois dans des lieux inattendus. Nous sommes ici dans les caves de Cureghem, sous les anciens abattoirs d’Anderlecht. Superficie 8000m2, dont 750 sont occupés par une coopérative qui produit des micropousses et des champignons japonais.
"C’est simplement un champignon qui est extrêmement bon pour la santé, qui n’était pas encore produit de manière locale et donc on voulait donner un petit peu une production à Bruxelles pour ce champignon-là", raconte Quentin Declerck, fondateur du "Champignon de Bruxelles".


Ces champignons sont cultivés sur de la drêche de bière, récupérée dans une brasserie artisanale. "La drêche, c’est le résidu de malte d’orge. C’est une matière qui est généralement jetée. Ici l’intérêt, c’est d’éviter de jeter de la matière et donc on l’a récupère ici", explique Quentin Declerck.

Au commencement était le mycélium, la racine du champignon. Ce mycélium est mélangé à la drêche de bière puis repose pendant trois mois dans un incubateur. "Ça c’est un résultat quand le champignon a quasiment entièrement colonisé tout le mélange", montre le jeune homme à notre journaliste (voir photo ci-dessous). "D’ici quelques semaines, il pourra partir en fructification, donc on va ouvrir le sac et le champignon va prendre une bonne bouffée d’oxygène et se développer", explique-t-il.



 Juste à côté, c’est le domaine des micro pousses. Une solution originale pour améliorer vos plats et vos salades. "L’idée de micro pousses, c’est de faire découvrir autre chose que la cressonnette qu’on connait tous puisqu’on peut manger dans une version cressonnette un tas d’autres variété. On cultive ici du basilic, on cultive du pois, du tournesol, du radis… ", poursuit Quentin Declerck.


 
Ici, on produit 1000 barquettes de micro pousses par semaines et 4 tonnes de champignons par mois.
Les clients : des restaurateurs et des grossistes, livrés uniquement à vélo. "L’intérêt de livrer à vélo, c’est de faire un petit peu de sport pour le livreur et secundo, ça permet aussi d’économiser en essence, participer un petit peu aussi à la sauvegarde de la planète", explique-t-il. 

Bien que prometteur, ce n’est qu’un marché de niche. Pas question de nourrir la ville. En revanche, l’agriculture agro écologique pourrait relever ce défi.

"La ferme Nos Pilifs, c’est une entreprise de travail adapté. Donc, la finalité de notre entreprise, c’est d’offrir un travail valorisant aux personnes porteuses de handicap. On est 175 personnes dont 145 porteuses de handicap à la ferme et on a développé pour elle toute une série de métiers, dont l’agro écologie", présente Etienne Duquenne, paysagiste de la ferme.


 
Le défi consiste à produire des fruits et des légumes sur des petites surf aces en respectant le rythme de la nature. "C’est facile dans la mesure où l’agro écologie finalement est une technique très simple qui ne fait pas appel à beaucoup de matériel, qui s’inscrit dans les cycles naturels et donc on doit simplement s’accorder avec la façon dont la nature fait les choses", raconte Etienne Duquenne.

Et même si on a recours à des serres, pas question de cultiver des tomates en hiver. L’une des recettes employée consiste à faire cohabiter des plantes qui se protègent. "Les poireaux avec de la carotte. Les mouches du poireau sont chassées par l’un et l’autre et donc on sait que quand associe ces deux plantes on a un effet win-win", explique M. Duquenne.


 
Les produits sont vendus à l’épicerie de la ferme pour une clientèle essentiellement locale et très motivée. Mais à terme, ça pourrait concerner beaucoup plus de Bruxellois. 

"L’idée de l’agroécologie, c’est de pouvoir 1. s’adapter à toutes les surfaces même en ville et 2. diversifier notre alimentation", résume M. Duquenne. "Non seulement, c’est beaucoup plus sain parce que ça pousse naturellement mais en plus de ça, c’est beaucoup plus diversifié. La diversification, c'est une des clefs par rapport aux problèmes de santé que l’on connait actuellement", ajoute-t-il. 

Qui nourrira les villes demain ? Peut-être les villes elles-mêmes, à condition qu’elles s’installent un peu à la campagne.

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