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L'Europe veut accorder plus facilement le label bio et provoque la colère des agriculteurs: "Nous sommes vexés et fâchés" (vidéo)

L'Union européenne réfléchit à la possibilité d'accorder plus facilement le label bio, avec des règles moins strictes. L'éventualité ne plaît pas du tout aux producteurs belges. L'idée qu'il puisse y avoir un jour des pesticides dans les produits certifiés bio les révolte. Notre journaliste Vincent Jamoulle et notre cameraman Gaëtan Delhez ont rencontré les professionnels du secteur.

L'Europe envisage d'assouplir les critères du label bio. Une information qui choque Pierre-Marie Laduron, un agriculteur et épicier bio. "Nous sommes fâchés et vexés, lance-t-il au micro de notre journaliste Vincent Jamoulle. Ca fait plus de vingt ans que je suis dans le bio personnellement. Et il n'y a rien qui me fera changer de position: le bio, c'est zéro pesticide. Comment voulez-vous que ce soit bio sinon? Ce n'est pas possible, ce n'est plus du bio dans ce cas-là".

L'idée servirait l'import/export, mais desservirait l'agriculture bio: "Elle est régionale!"

Actuellement, les règles du bio sont très claires: toutes traces de pesticide ou d'engrais chimique déclasse immédiatement le produit ou le champ sur lequel il a poussé. Le label bio ne peut alors plus être utilisé. L'Europe réfléchit à la possibilité d'assouplir ces règles, en tolérant un certain pourcentage de pesticide ou d'OGM. "Ils voudraient bien opter pour une règlementation bio partant sur une tolérance au niveau des accidents et de la présence fortuite de pesticides, explique Marc Fishers, secrétaire général de l'association "Nature et Progrès". Ça, ça aide exclusivement l'importation et l'exportation. Or, l'agriculture biologique, c'est régional".

"Les édiles européens devraient redescendre dans les campagnes"

En Wallonie, 1.500 agriculteurs sont passés au bio. Leur nombre augmente chaque année. Les conséquences d'un assouplissement des critères de leur label, ils ne veulent même pas y penser. "Je suis certain que ça n'arrivera pas", estime Pierre-Marie Laduron. "Je crois qu'on va faire entendre raison à nos édiles européens qui ont peut-être un peu trop écouter le marché, regrette le secrétaire général de l'association "Nature et Progrès". Ils devraient un peu descendre dans les campagnes".

Les discussions sont en cours entre le Parlement européen, les Etats et l'Union européenne. Elles devraient encore durer plusieurs mois.

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