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Le port d'Anvers est plus que jamais une plaque tournante pour la cocaïne en Europe: comment les trafiquants s'y prennent-ils ?

Le port d'Anvers est plus que jamais une plaque tournante pour la cocaïne en Europe: comment les trafiquants s'y prennent-ils ?

Constat inquiétant: les douanes belges ont saisi 46 tonnes de drogue l'année dernière, c'est 10 tonnes de plus qu'en 2016. Notre pays sert de porte d'entrée de la drogue en Europe, notamment via le port d'Anvers.

Les douanes belges ont saisi 46 tonnes de drogue l'année passée, dont quarante et une rien que de cocaïne... C'est 10 de plus qu'en 2016. Pire: en 2013, les saisies se limitaient à 16 tonnes !

Tout d'abord, pourquoi Anvers ? "Historiquement, le port d'Anvers est un port d'accueil pour les fruits. Et les fruits proviennent des pays d'où vient également la drogue. Les trafiquants utilisent des transporteurs qui sont parfaitement légaux, mais font passer par ce biais-là de la drogue", a expliqué Florence Angelici, porte-parole du SPF Finances.

Une technique courante pour dissimuler de la drogue, c'est "le rip off". "Donc dans le port, avec des complices à l'intérieur du port, on va glisser des sacs de sport dans un container. Et dans le port d'arrivée, avant toute forme de contrôle, d'autres vont récupérer ces sacs, avec quelques dizaines de kilos de cocaïne".  

Ce qui nécessite une organisation élaborée et un pouvoir de corruption important à travers le monde…

Pourquoi ce chiffre est-il en augmentation ?

Notre pays sert donc de porte d'entrée pour la drogue en Europe. Mais comment peut-on expliquer que les saisies de cocaïne aient explosé l'année passée ?

Le premier élément de réponse, on le trouve en Amérique du Sud, où la production de cocaïne a augmenté. "En Colombie, suite aux accords passés avec les FARC, il y a eu des réorganisations entre les différents cartels. On a aussi constaté que les plans de cocaïne produisaient plus, grâce à une sélection génétique", a expliqué Florence Angelici.

Deuxième élément de réponse: chez nous, les trafiquants sont ingénieux. Ils utilisent le port d'Anvers et les containers qui arrivent par milliers, mais également les passagers des avions. "Il y a toutes les formes de trafic. Il y a ce qu'on appelle les mules, des personnes qui avalent ; et puis des containers entiers, et là on parle de tonnes".

Troisième élément de réponse: les contrôles sont renforcés. Actuellement, aux Douanes, 13 personnes traquent les trafiquants de drogue, et ils seront près de 20 à la fin de l'année. Ils peuvent faire appel à des services d'appui. A cela s'ajoutent les scanners dans le port d'Anvers, contrôlant les containers de manière ciblée.

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