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La triste histoire de Vito: après une carrière dans les mines, il est prié de quitter la Belgique

La triste histoire de Vito: après une carrière dans les mines, il est prié de quitter la Belgique
 
 

Dans son "édito inattendu", ce jeudi matin sur Bel-RTL, Antonio Solimando a raconté l’histoire d’un homme, un Italien de 60 ans qui vit en Belgique et dont la vie vient de s’effondrer… Une information du journal "Het Belang van Limburg".

Vito est arrivé en Belgique fin des années 60. Il avait 9 ans. Ses parents et lui s’installent dans le Limbourg. Plus tard, sa vie active, son travail, ce seront les mines.

Au terme d’une carrière bien remplie. Métier salissant et dangereux. Le voilà retraité. Il a une femme, de nationalité étrangère aussi. Sans emploi. Des enfants et des petits-enfants nés ici.

Après un demi-siècle passé en Belgique. Dont la majeure partie à payer des impôts, à créer de la richesse, Vito vient de recevoir un ordre de quitter le territoire, dans les 30 jours. Sa pension est saisie momentanément par la justice, et du coup, l’office des étrangers estime que Vito représente une « charge déraisonnable pour la sécurité sociale ».

L’an dernier, 1040 Européens ont été expulsés de Belgique, pour ce même motif. 110 Espagnols, 73 Italiens, autant de Néerlandais. Parce qu’ils ont eu un petit accro dans la vie comme cela nous arrive à nous tous. Sauf que, eux, ils sont étrangers. Eux, ils n’ont pas droit à l’erreur.

Quand bien même ils auraient pendant des décennies.

Cette histoire aurait pu être celle de mon grand-père, de mon père. Ou de beaucoup d’entre vous, chers lecteurs.

Je viens d’apprendre que cette histoire, ce pourrait être la mienne. Parce que le fait d’être né en Belgique, de ne jamais avoir vécu qu’en Belgique, ne protège pas forcément les ressortissants étrangers d’un retrait du titre de séjour. Renvoyé dans un pays totalement inconnu.

Vito a les cheveux gominés et un prénom de mafieux, dans les films de Scorsese. Ça n’en fait pas un bandit. Vito, en Belgique, est devenu une unité statistique, dans des chiffres d’expulsions, au nom d’une logique financière absurde. Au nom d’une directive européenne, appliquée de façon sévère, depuis 2011.

Vito a donné plus qu’il n’a reçu. Un profiteur ? Un parasite ? Non, un homme qui a contribué à l’activité économique de notre pays. Et que la Belgique va remercier. Dans le mauvais sens du terme.


 




 

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