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La Wallonie MENACE encore Belgocontrol d'arrêter de travailler avec eux: leur manque de personnel provoque "deux-trois problèmes par jour" à l'aéroport de Charleroi

La Wallonie MENACE encore Belgocontrol d'arrêter de travailler avec eux: leur manque de personnel provoque

Le ministre wallon des Aéroports, Jean-Luc Crucke, a signifié à Belgocontrol, l'entreprise publique autonome détenue l'État qui assure le contrôle aérien dans tous les aéroports de Belgique, que s'ils ne résolvent pas leur problème récurrent de personnel, la Wallonie pourrait arrêter de faire appel à eux.

Contrôleur aérien est un métier difficile. Il faut une concentration de tous les instants et quand le personnel ne peut plus être remplacé ou prendre ses congés par manque de personnel, on assiste à des maladies ou des burn out qui empirent la situation.

À l'aéroport de Charleroi, cela fait des mois qu'on manque de contrôleurs aériens. Résultat, pour épargner un maximum les avions de ligne des compagnies commerciales, on interdit tout simplement les activités des petits avions de tourisme, comme entre le 30 décembre et le 4 janvier dernier.


"Nous sommes empêchés de travailler"

Denis Petitfrère, le directeur de l'Air Academy New CAG, une des deux écoles d'aviation basée à l'aéroport de Charleroi, détaillait le problème au micro de Ludovic Delory et Gaëtan Zanchetta dans le RTLinfo 13h ce dimanche. "Ces deux derniers mois, on a déjà eu plus de 8 journées complètes d'interdiction de vol. Alors quand on entend le représentant de Belgocontrol qui dit qu'il n'y a que deux trois problèmes à signaler, ce sont deux trois problèmes par jour qu'il faudrait mettre en évidence. Très régulièrement nous sommes empêchés de travailler", regrette-t-il.

Il a déjà discuté du problème avec les contrôleurs aériens de l'aéroport, et ne voudrait pas partager leur quotidien. "Ils sont vraiment au bout de leurs capacités. Certains vous expliquent qu'ils enchaînent 12 jours de travail consécutif, que sur un mois ils font plus de 25 jours de travail. On se pose maintenant des questions par rapport à la sécurité ici à Charleroi. Est-ce qu'un jour on ne va pas vivre une catastrophe aérienne?"

Il est d'ailleurs arrivé ces derniers mois que des vols commerciaux soient touchés. Certains ont été retardés, d'autres annulés ou déviés vers les aéroports de Liège ou Bruxelles.


Pas la première fois que la Wallonie menace Belgocontrol

Face à cette situation qui dure depuis trop longtemps (RTLinfo vous en parlait déjà en avril 2016), le ministre wallon des Aéroports, Jean-Luc Crucke, a décidé de prendre le taureau par les cornes. "Quand on paie 10 millions d'euros par an, on doit avoir un service qui soit professionnel à tous les niveaux et à tous moments. C'est trop sérieux pour que ce ne soit pas le cas. J'ai clairement fait comprendre à Belgocontrol que si ça ne changeait pas, je n'hésiterai pas un seul instant à voir ce qui se passe ailleurs." Jean-Luc Crucke a envoyé au CEO de Belgocontrol Johan Decuyper un courrier: "Si je peux comprendre que des problèmes d'absence pour cause de maladie puissent survenir, il est par contre de votre responsabilité de veiller à ce que ces problèmes n'influencent pas la qualité du service attendu d'un opérateur tel que Belgocontrol", écrit le ministre wallon. "Il en va de la réputation de l'aéroport de Charleroi tout comme celle de votre institution. En tant que ministre wallon en charge des Aéroports, je ne peux accepter que pareille situation se reproduise", assène-t-il. Le cabinet du ministre assure qu'il ne s'agit pas de menace en l'air. "Il s'agit plus que de pistes de réflexion, nous avons lancé des études", indique-t-on à l'agence Belga. Le cabinet fait notamment remarquer qu'avec l'évolution de la technologie, des outils existent permettant notamment un contrôle à distance. 

Il réitère ainsi une menace déjà lancée en 2016 par un de ses prédécesseurs Carlo Di Antonio. Il avait affirmé lui aussi que le contrôle aérien dans les aéroports wallons pourrait être repris par des opérateurs de pays voisins, en cas de panne technique voire de grève comme il en était survenu à l'époque. Car forcément, les travailleurs de Belgocontrol sont les premières victimes du manque de personnel. Des renforts avaient alors dû être dépêchés de Bruxelles à Liège.


Une nouvelle campagne de recrutement

Belgocontrol annonce qu'il va lancer sous peu une campagne de recrutement pour engager du personnel dans les aéroports de Liège et Charleroi. Une campagne avait déjà été lancée en octobre dernier, mais il faudra attendre la fin de la formation de deux/trois ans pour voir arriver les nouvelles recrues.

Si côté personnel, c'est la crise chez Belgocontrol, les finances elles se portent bien. À tel point qu'il y a un mois à peine, son patron lançait un appel aux Régions pour qu'elles entrent dans le capital de l'entreprise. "Belgocontrol se porte bien. On cherche désormais à ouvrir le capital à des investisseurs régionaux pour encore mieux travailler ensemble", indiquait l'administrateur délégué de Belgocontrol, Johan Decuyper, dans le journal L'Echo. Jean-Luc Crucke avait alors répondu "pourquoi pas".

Peut-être qu'en ayant un droit de regard sur le fonctionnement de l'entreprise, la Wallonie pourrait plus facilement réclamer une meilleure gestion du personnel.

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