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Le chômage au plus bas depuis 1981: faut-il forcément s'en réjouir?

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Moins de chômeurs indemnisés depuis 4 ans : voilà donc a priori une bonne nouvelle pour les Belges et le gouvernement. Si le chômage diminue, selon les chiffres publiés par l’Onem, c’est d’abord parce qu’il y a plus d’emplois dans notre pays. "Selon la banque nationale, il y a 66.000 emplois qui ont été créés en 2017 et 184.000 sur les 4 dernières années. La croissance crée plus d’emplois maintenant par des mesures de réduction du coût du travail, c’est la première cause", détaille Georges Carlens, administrateur de l’Onem.

Mais ce n’est pas la seule raison, l’augmentation des départs à la retraite et la réforme du système d’assurance chômage ont aussi contribué à cette baisse significative du nombre de chômeurs. Alors faut- il s’en réjouir ? Du côté syndical pas question de contester les chiffres mais on les relativise: "A titre d’exemple, si le chômage diminue de 8,5% , c’est ce qu’on annonce, très bien mais l’Onem oublie de préciser qu’en même temps le nombre de bénéficiaires du revenu d’intégration sociale a augmenté de 9,3%. On peut donc se demander si ceux qui ne sont plus au chômage, ne se retrouvent pas plutôt à charge des CPAS", réagit Robert Vertenueil, secrétaire général FGTB.

Les bénéficiaires du CPAS ne sont en effet pas repris dans les statistiques de l’Onem, et en Wallonie, c’est un fait, ils sont de plus en nombreux. "Pour la Wallonie on annonce 73.000 chômeurs complets indemnisés en moins entre 2000 et 2016 et sur la même période on voit qu’il a 25.000 personnes en plus aidés par les CPAS (un tiers), et cette tendance se durcit ces trois dernières années", explique Alain Waessen, directeur des CPAS wallons.

Alors certes il y a moins de 500.000 demandeurs d’emplois en 2017 ; du jamais vu depuis 37 ans. Le chômage a diminué dans toutes les régions du pays, jusqu’à moins 10% en Wallonie. De quoi se montrer enthousiaste, mais pas de triomphalisme : le taux d’emploi en Belgique stagne contrairement à d’autres pays européens.

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