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Le masque obligatoire dans plusieurs communes: ont-elles le droit de l'imposer? Que risquent-elles?

Plusieurs bourgmestres (notamment Dour, Quiévrain, Hensies, Honnelles...) ont décidé de rendre le port du masque obligatoire dans tous les lieux publics confinés, comme les magasins. Cette mesure dépasse les exigences du Conseil national de sécurité. Était-elle nécessaire? Dans le Hainaut, le gouverneur provincial a demandé aux maïeurs de modifier l’ordonnance de police. Ceux-ci ont maintenu leur décision.

Carlo Di Antonio, bourgmestre de Dour (cdH) a justifié sa décision dans l'émission C'est pas tous les jours dimanche. "Nous l’avons rendu obligatoire dès le 11 mai, dès la réouverture des commerces, en accord avec les commerçants et une large partie de la population. Il y a eu une adhésion forte. L’idée était de redonner confiance, on a une population en moyenne assez âgée. Cela a permis de retourner dans les magasins avec plus de sécurité et de sérénité."

"Le ministre Pieter De Crem trouve que vous exagérez et vous demande de revenir sur cette décision. Allez-vous le faire?", a demandé Christophe Deborsu.

"Non, nous avons eu un échange avec le gouverneur et mes collègues bourgmestres des communes voisines (quatre communes de la même zone de police). Nous allons maintenir notre ordonnance. Il n’y a pas de volonté forte d’aller en sens contraire", a répondu Carlo Di Antonio. "On nous dit qu’on ne peut pas rendre le port du masque obligatoire, mais on nous écrit pas noir sur blanc, en quoi ça poserait un problème. On applique ce que le ministre de l’Intérieur nous demande de faire avec une petite disposition complémentaire, comme l’arrêté royal de 2019 nous le permet."

Des sanctions pour les citoyens qui ne respectent pas l’obligation de porter un masque? "L’ordonnance prévoit une sanction, mais nous ne l’avons pas encore appliquée une seule fois. Tout s’est toujours résolu par le dialogue. Il n’y a pas de volonté de sanctionner", a conclu le maïeur de Dour.

Sur le plateau de l'émission C'est pas tous les jours dimanche, Fabian Maingain, échevin des Affaires économiques à Bruxelles (DéFI), a estimé de son côté qu’il faut un message clair du fédéral pour rendre ou non le port du masque obligatoire. "Il faudrait si possible une décision unanime pour qu’elle soit appliquée partout. C’est pourquoi la conférence des 19 bourgmestres bruxellois a écrit au Fédéral pour obtenir une clarification."

Le masque va-t-il être rendu obligatoire?

"La décision du Conseil national de sécurité est claire: le port du masque n’est pas obligatoire, sauf dans les transports en commun et dans les écoles", a rappelé ce dimanche le ministre de l'Intérieur Pieter De Crem.

"Ceci étant dit, il y a des communes et villes à Bruxelles et dans la province du Hainaut qui le rendent obligatoire. J’ai donc écrit une lettre aux gouverneurs pour dire que les bourgmestres devraient suivre les conseils qui sont donnés. Le port du masque est fortement recommandé mais il n’y a pas d’obligation. Les gouverneurs ont le pouvoir de faire valoir les décisions du gouvernement. Le bourgmestre Carlo Di Antonio devra se concerter avec le gouverneur de sa province."

S’il y a une sanction, elle n’est pas valable? "On n’en est pas encore aux sanctions, mais je fais un appel à un sens commun qui se dirige vers les décisions prises par le gouvernement, qui ont pour but de combattre le virus."

 

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