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Le mythe du para-commando "baraqué qui défonce tout", c'est fini: voici à quoi ressembleront nos futures unités spéciales

Ce mardi, le régiment des opérations spéciales de la défense change de patron. C’est désormais le colonel Tom Bilo qui dirige les unités d’élites de notre armée. RTL INFO l’a rencontré en exclusivité.

Il nous a notamment expliqué que le mythe du para-commando tel qu'il est vu dans les films n'est plus vraiment d'actualité. "Là où le para-commando, dans son ancien rôle, était plutôt vu comme le militaire baraqué portant de l'armement lourd, prêt à défoncer n'importe quoi n'importe où… On va passer à des troupes beaucoup plus 'quiet professional' comme on dit en anglais (ndlr: professionnel tranquille)", a expliqué Tom Bilo.

En résumé, les futurs para-commandos devront pouvoir agir dans des contextes très différents, et pas seulement en zone de guerre avec des armes lourdes. "Donc des gens plus discrets avec un haut niveau de compétences professionnelles, de façon à pouvoir travailler dans un contexte militaire conventionnel où on va mener des opérations de plus grande envergure en plus grandes unités. Mais également travailler en petits groupes où ils savent très bien quelle est leur mission, où ils savent très bien se comporter face à un local en plein milieu de l'Afrique, le lendemain face à un diplomate ou un ambassadeur, et le surlendemain avec un chef de tribu", a indiqué le nouveau chef des unités d'élite.

Ce nouveau profil du para-commando implique un nouvel apprentissage et une formation différente. "Ça demande des skills (ndlr: compétences) qui ne sont pas nécessairement acquis et qui n'ont pas forcément été acquis par le passé. Donc on essaie de travailler sur tout ça pour essayer d'avoir cette polyvalence, cette spécialité pour faire face à cette multitude de menaces qui peuvent nous tomber dessus", a confié Tom Bilo.

La menace est devenue beaucoup plus diffuse

Le nouveau patron de l'élite de l'armée belge nous a également expliqué à quels types de menaces notre armée devait faire face. "La menace est devenue beaucoup plus diffuse. Avant on pouvait se préparer longtemps à l'avance, avec une menace bien ciblée. Maintenant on constate que la menace peut être conventionnelle, donc conventionnel contre conventionnel. On voit avec ce qui s'est passé en Russie et en Ukraine, tout peut se passer", a précisé Tom Bilo. "Il y a également la menace asymétrique. Donc des insurgés qui se révoltent. On pense à l'Irak, à l'Afghanistan. Mais il y a également la menace terroriste qui apparaît de plus en plus. Elle peut arriver à l'étranger, mais aussi sur le sol national".

"Tout ça demande une capacité qui est beaucoup plus réactive. Qui est mieux préparée à ce genre de menace. Et qui, par sa polyvalence et sa spécialisation, peut mieux faire face à toutes sortes de cas de figure. On essaie de préparer au mieux les gens pour qu'ils puissent dans toutes ces situations faire face à la menace", a encore expliqué Tom Bilo.

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