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Le nombre d'avortements en hausse suite au scandale des pilules de 3e et 4e générations

 
 

De plus en plus de jeunes femmes renoncent aux pilules contraceptives... En tout cas celle de 3e et 4e génération. Il n’y a pas encore de chiffres précis, mais le constat chez les médecins est unanime. Le scandale lié à ce type de contraception en France a bien des conséquences chez nous. Le nombre d’interruption de grossesse et de recours à la pilule du lendemain est en hausse.

La fédération laïque de centres de planning familial a remarqué, sans avoir de chiffres précis, que depuis la polémique en France puis en Belgique sur les risques liés aux pilules de 3e et 4e générations, des jeunes filles et des femmes viennent au planning chercher une pilule du lendemain ou demandent une interruption volontaire de grossesse, en raison de l’arrêt de leur contraception, suite à cette polémique. Les  autorités belges se veulent plus rassurantes que leurs homologues français en matière de pilule de 3e génération, mais la multiplication des messages alarmistes en provenance de France a eu des conséquences chez nous.

"Nous n'avons jamais connu autant d'avortements médicaux"

Le nombre d’interruptions volontaires de grossesse est en augmentation depuis plusieurs semaines, selon plusieurs hôpitaux bruxellois. Le lien avec l'inquiétude à propos de la pilule n'est pas établi. Mais les centres de planning familial suspectent que ce n'est pas sans rapport. "Nous n'avons jamais connu autant d'avortements médicaux que ces dernières semaines", a affirmé le docteur Yannick Manigart, responsable du planning de l'hôpital St-Pierre à Bruxelles. Il n’était pas disponible pour une interview. Une information insuffisamment nuancée peut faire peur et provoquer l'arrêt intempestif de la contraception.

Un risque très faible

Selon l’agence européenne des médicaments, la prise des contraceptifs de 3e et 4e génération entraîne un risque très faible de formation de caillots sanguins (effet indésirable très rare), et ce risque varie selon le type de contraceptif oral combiné. Il est recommandé aux médecins d'évaluer la balance bénéfice-risque individuelle pour chaque patiente, de rechercher les facteurs de risque de thrombose (antécédents familiaux, tabagisme, hypertension artérielle par exemple) et d'assurer un suivi clinique surtout au cours de la première année de traitement.

La vente des pilules de 3e et 4e génération en baisse

En février 2013, on a observé, en Belgique comme en France, une diminution de 10% des ventes de pilules de 3e et 4e génération, par rapport à février 2012 et une augmentation de celles de 2e génération de l'ordre de 4% par rapport à février 2012.

Augmentation des cas d'effets secondaires

On observe aussi une augmentation des cas d’effets secondaires notifiés à l’agence des médicaments dans le cadre de la pharmacovigilance : depuis février 2013, 10 cas nouveaux ont été rapportés. Un seul cas pour 2013, les 9 autres se rapportent à des incidents survenus en 2011 et 2012.

Un seul décès en Belgique

Au total, depuis 2000, les cas de thrombose ou d'embolie pulmonaire liés à la prise d'une pilule rapportés en Belgique sont donc de :

  • 37 cas pour les pilules de 3e ou 4e génération
  • 11 cas pour la Diane (et ses génériques)
  • 2 cas pour les pilules de 2e génération
  • Un seul décès a été rapporté en Belgique, survenu en 2012.



Il y a 14.000 IVG par an en Belgique. Chiffres stables depuis 2008. Il n'y a pas encore de données pour le début 2013.

Bernard Lobet


 




 

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