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Le patron de l'Union wallonne des entreprises donne un 4/10 à notre enseignement: que manque-t-il aux jeunes pour décrocher un job?

C’était la dernière interview dans le cadre de notre série "On refait l'école". Ce vendredi midi dans le RTLINFO 13H. Olivier De Wasseige, administrateur délégué de l'Union wallonne des entreprises (UWE), était l’invité d’Olivier Schoonejans.

Olivier De Wasseige a commencé par donner une note plutôt sévère à l'enseignement en fédération Wallonie-Bruxelles. "Je vais lui donner un 4/10 dans la mesure où c’est ce que révèlent les études européennes sur le niveau dans l’enseignement en fédération Wallonie-Bruxelles."

Pour l'administrateur délégué de l'UWE, les jeunes qui arrivent sur le marché de l’emploi ne sont dès lors pas assez compétents. "Nous considérons aujourd’hui qu’il existe un véritable problème d’inadéquation entre l’offre et la demande en termes de compétences. Ce qui pose un problème aux entreprises dans leur recrutement."


Les savoirs de base sont insuffisants 

Tout d’abord, les savoirs de base ne sont pas suffisants selon le patron des sociétés wallonnes. "Nous avons d’ailleurs des revendications à ce niveau-là. Il y a vraiment des lacunes aujourd’hui dans les formations en math, en français et dans les langues étrangères. Tous les entrepreneurs nous le disent. Ils ont aujourd’hui des candidats ou des collaborateurs qu’ils engagent qui ont vraiment des lacunes. Par exemple dans l’interprétation d’un manuel d’utilisation ou simplement dans la règle de trois. Et c’est évidemment capital que ces acquis de base soient les meilleurs car il est illusoire de revenir en arrière plus tard", estime-t-il.

Alors que beaucoup de postes sont à pourvoir en Wallonie, de nombreuses personnes sont au chômage. "D’où vient cette inadéquation", lui demande alors Olivier Schoonejans. "C’est un véritable paradoxe de savoir qu’il y a 30.000 emplois vacants en Wallonie, en augmentation de 50% par rapport à l’année, alors que nous avons 220.000 demandeurs d’emploi. Ce problème vient du fait que les personnes qui arrivent aujourd’hui sur le marché de l’emploi n’ont pas les compétences requises par les entreprises", souligne Olivier De Wasseige.


Revaloriser les filières techniques et professionnelles

Que manque-t-il à ces personnes pour pouvoir décrocher un job ? "Au-delà des savoirs de base, il y a aussi certainement une formation au savoir-être, tout ce qui est le travail en équipe, la responsabilisation, le respect de l’autre, etc.", estime l’administrateur délégué.

"Et pour toutes les filières qualifiantes dans l’enseignement, pour le savoir-faire, toutes les formations techniques et professionnelles, on doit mettre beaucoup l’accent sur les stages, l’immersion, l’alternance en entreprise, pour que l’élève puisse beaucoup plus prendre conscience de ce que sera peut-être son métier de demain afin de confirmer sa vocation ou bien de changer à temps. Le pacte d’excellence à ce niveau-là doit revaloriser les filières techniques et professionnelles qui pour nous doivent devenir des filières d’excellence alors qu’aujourd’hui elles sont plutôt des filières de relégation", regrette le patron de l’UWE.

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