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Le plan climat prévoit la fin des moteurs thermiques à Bruxelles d'ici 2035: quelles sont les alternatives ?

Le gouvernement bruxellois l'a annoncé cette semaine: d'ici 2035, tous les véhicules équipés d'un moteur thermique seront interdits sur le territoire de la région. Une mesure nécessaire, selon les ministres, pour atteindre les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Mais quelles sont les alternatives?

À Bruxelles, le diesel et l'essence n'ont plus que 16 ans devant eux. C'est en tout cas la volonté exprimée par le gouvernement bruxellois à travers son plan climat. Pourtant, aujourd'hui la transition semble encore très floue. Pour certains spécialistes, l'avenir est au 100 % électrique. Pour d'autres, il est à l'hydrogène, au gaz naturel, au diesel synthétique ou encore à l'essence bio.

Selon le porte-parole de la Fédération belge de l'industries automobile et du cycle (FEBIAC) Joost Kaesemans, "Bruxelles a déjà un retard énorme par rapport à d'autres villes en Europe. Et en plus, il n'y a pas de plan concret, il n'y a pas de projet concret, il n'y a pas de budget pour installer une masse de bornes de recharge."

L'électrique : "c'est jouable mais avec beaucoup de renouvelable"

Le 100 % électrique est en effet la première hypothèse. Si toutes les voitures belges devenaient électriques, cela augmenterait de 25 % la consommation actuelle. Elle représente pour le moment 85 tWh (1 terawatt-heure équivaut à 1 milliard de KW-heure).

Cette alternative est tout à fait jouable pour Damien Ernst. Ce spécialiste des question énergétiques à l'Université de Liège ajoute tout de même que cela nécessite "la construction de nouvelles capacités, beaucoup de renouvelable, des centrales nucléaires ou des centrales au gaz." 

Si l'on suit cette voie, un problème persiste. Chez nous, la sortie du nucléaire est en principe prévue entre 2022 et 2025. De plus, installer des bornes électriques partout dans la capitale se chiffre en milliard.

"Proposer des alternatives, mais pas tuer le diesel et l'essence"

Face aux contraintes de l'électrique, certains proposent une seconde hypothèse : garder les pompes telles qu'elles existent aujourd'hui. 

"Elles ne vont pas changer parce que le diesel synthétique, ce sera le pistolet du diesel d'aujourd'hui, l'essence bio, ce sera le pistolet de l'essence. avance Olivier Neirynck, porte-parole de la Fédération belge es négociants en combustibles et carburants. Le réseau de station service à Bruxelles existe et est bien développé, on va l'améliorer. On va proposer les alternatives mais il ne faut pas tuer le diesel et l'essence." 

Seule certitude, dans 16 ans à Bruxelles, les voitures ne seront pas uniquement électriques. Difficile par exemple pour les personnes vivant en appartement de recharger leur véhicule.

Comme l'explique Olivier Duquesne, journaliste au Moniteur automobile : "si on n'a pas de garage ou de parking privé pour mettre une prise électrique ou une borne de recharge, on ne peut pas recharger sa voiture à domicile. Donc il faut aller sur des bornes publiques qui ne sont pas nombreuses, qui peuvent être surchargées." 

Aujourd'hui, les voitures électriques ne représentent que 2% du marché de l'automobile en Belgique. Contrairement aux pays nordiques, aucun plan n'est mis en place pour encourager les consommateurs à se tourner vers ce type de véhicules. 

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