Les ambulanciers doivent se passer des pompiers pour le balisage des accidents: ils craignent pour leur SÉCURITÉ et celle des victimes

La sécurité des automobilistes accidentés au bord des autoroutes est-elle toujours bien assurée. Depuis le 1er janvier, en cas d'accident sur les voies rapides, les pompiers ne sont plus obligés d'aller baliser les zones. À Liège, les casernes appliquent cette décision à la lettre et dorénavant, c'est la police qui s'en charge, ce que regrettent les ambulances privées et la Croix-Rouge.

Il y a 2 semaines, une ambulance est envoyée sur les lieux d'un accident avec un blessé dans une voiture, au milieu de l'autoroute. "Le 100 nous a dit qu'il envoyait un balisage, on demandait le balisage. Mais les pompiers ont refusé de venir. La police était surchargée avec beaucoup d'accident sur le secteur à ce moment-là", explique David Caels, ambulancier.

Du coup, l'ambulance a servi de véhicule de balisage, 50 mètres avant l'accident, et le blessé a été pris en charge derrière le rail de sécurité.

"Pour éviter un suraccident, ils ont pris la décision de laisser le véhicule en balisage. Très bonne décision je trouve… Ce n'est pas la meilleur manière de travailler évidemment, au détriment de la victime, ça c'est une fait", estime Guy Rensonnet, chef de service dans une société privée d'ambulances.

"Le patient avait très très froid. Il gelait ce jour-là. Donc nous avons mis une couverture de survie sur le patient et attendu que la police arrive", explique encore David Caels.


Ambulanciers privés et Croix-Rouge dénoncent

L'an dernier, les choses ne se seraient pas déroulées de la même manière : les pompiers étaient envoyés d'office lorsqu'un balisage était nécessaire. Mais depuis le 1er janvier, une circulaire ministérielle les autorise à ne plus effectuer ce genre de mission. Pour le moment, seuls les pompiers de Liège se sont engouffrés dans la brèche : ils ne balisent plus les interventions des ambulanciers privés et de la Croix-Rouge.

"Peut-être qu'un jour, il y aura un risque que sur une nationale, sur une autoroute, qu'un ambulancier, comme on dit vulgairement, se fasse jeter en l'air, et à ce moment-là on en tirera les conclusions", lance Eddy Quensier, directeur opérationnel à la Croix-Rouge de Belgique.

D'autant plus difficile à accepter que les pompiers continuent d'assurer eux-mêmes le balisage pour leurs propres ambulances. À Liège, les ambulances privées et celles de la Croix-Rouge n'ont plus que la police pour les protéger.

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