En ce moment
 
 

Les examens linguistiques des conducteurs de la SNCB seraient truqués

C'est une information exclusive RTLinfo. Plusieurs conducteurs de train de la SNCB affirment, dans l'anonymat, que faute de candidatures, les examens linguistiques, nécessaires à la bonne compréhension des interlocuteurs sur le réseau, seraient bidouillés. Ceux qui le passent recevraient même les questionnaires à l'avance. Des affirmations pour le moins inquiétantes que le SNCB dément. Les détails avec Arnaud Gabriel, Catherine Van Zeveren et Thomas Kinet.

"Avec le nombre de trains qui circulent sur le réseau belge, le potentiel d’accidents est là. S’il y a une mauvaise compréhension, qui va payer les pots cassés?", s'interroge Jérôme, un conducteur qui parle sous le couvert de l’anonymat. Les témoignages de certains conducteurs interrogés sont alarmants. Pour bien comprendre, tout part d’une directive européenne. Dans le moniteur belge du 29 octobre 2015, il est écrit noir sur blanc: "Les conducteurs qui doivent communiquer avec le gestionnaire de l’infrastructure sur des questions déterminantes pour la sécurité doivent avoir des connaissances linguistiques au niveau B1." Ce niveau est intermédiaire mais relativement poussé.

"Il n'y a pas eu de fuites" 

Le conducteur affirme que de nombreux collègues dont lui n’ont pas le niveau requis. "La SNCB a un problème de recrutement. Ils n’ont pas assez de candidats pour les trains. S’il devait exiger le niveau B1 comme la loi l’impose, ils n’auraient pas assez de candidats pour assurer tous les trains", poursuit Jérôme. Résultat, les examens de langue seraient faussés. Arthur, prénom d’emprunt, est également conducteur de tain. Il raconte: "Nous les recevons à l’avance. 15 jours voire un mois à l’avance, nous recevons les questionnaires complets. Ce n’est pas compliqué. Si vous avez du mal à le remplir, l’examinateur vous aide encore." La SNCB de son côté dément. Vincent Bayer, porte-parole de la SNCB: "A notre connaissance, il n’y a pas eu de fuites. En revanche, ce qui existe ce sont des mises en situations réelles signifiées en néerlandais. Elles permettent aux élèves de se préparer à leur examen. Il peut arriver que certaines de ces préparations se retrouvent à l’examen."

En attendant, ces conducteurs disent avoir la boule au ventre et craignent une nouvelle catastrophe ferroviaire.

Vos commentaires