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Les forces spéciales recrutent : appel à 'la crème de la crème'

 
 


Le groupe des forces spéciales (SFG) de l'armée belge, une petite unité d'élite de plus en plus engagée en opérations à l'étranger, est à la recherche d'une vingtaine de nouveaux "équipiers" pour arriver à son plein effectif.

"Il me manque 23 opérateurs SF (forces spéciales), volontaires et sous-officiers pour atteindre le cadre prévu, soit soixante personnes. Mais j'ai besoin de la crème de la crème", a expliqué le commandant de l'unité, le lieutenant-colonel Bob Dufrane, à quelques journalistes en visite au SFG à Flawinne (Namur). L'unité, qui préfère habituellement la discrétion, organisait mercredi une journée d'information destinée aux candidats, qui peuvent désormais provenir du civil - même si la plupart d'entre eux sont des militaires déjà para-commandos.      

Cette ouverture aux civils, belges ou ressortissants d'un pays de l'Union européenne, est récente (elle date de 2007), mais les candidats issus de cette filière - trois actuellement sur vingt inscrits au départ - doivent néanmoins d'abord suivre l'instruction de base, puis obtenir leurs brevets parachutiste et commando.     

Le SFG attend par contre l'arrivée d'un ancien "marinier" (fusilier-marin) néerlandais en fin de contrat aux Pays-Bas.     

Aucune limite d'âge n'existe, mais la sélection est extrêmement sévère, a admis le lieutenant-colonel Dufrane. L'an dernier, cinq candidats sur trente ont été retenus à l'issue de la semaine de sélection. En 2008, trois des dix candidats militaires ont acquis le droit d'entamer une formation exigeante de deux ans, avant d'être déclarés pleinement opérationnels.      

Le Special Forces Group a été créé en 2003 en tant qu'héritier d'illustres prédécesseurs (dont les SAS belges de la seconde Guerre mondiale),  avec l'objectif de compter dix équipes de six soldats d'élite.      

"Je ne dispose actuellement que de six équipes, deux Air Teams sur trois, deux Sea Teams sur trois et deux Land Teams sur quatre", a souligné l'officier, en faisant allusion aux modes d'"insertion" préférés de ses hommes.     

Ce déficit "récurrent" en équipiers, le lieutenant-colonel Dufrane se refuse à le combler en abaissant les critères. "On veut maintenir les normes", a-t-il assuré en rappelant les multiples qualifications que possèdent ses hommes, souvent acquises lors de cours à l'étranger.     

Le métier de soldat des forces spéciales est de plus particulièrement exigeant, également pour la vie familiale. La plupart chez nous sont célibataires ou ont une relation assez +libre+", a admis le chef du SFG, qui est, pour des raisons de sécurité, le seul membre de l'unité autorisé à s'exprimer à visage découvert.     

"Il nous arrive d'être parti de six à huit mois par an", a confié, sous le couvert de l'anonymat un membre du SFG qui a pris, au moins temporairement, "un peu de recul" en demandant à sortir des équipes opérationnelles et s'occupe des aspects logistiques de l'unité.     

Le salaire mensuel varie entre 1.500 euros (pour un volontaire) et 1.800 euros (pour un sous-officier), sans compter les primes parfois importantes liées aux qualifications (parachutiste en chute libre, plongeurs, ...) ou aux missions. Mais le lieutenant-colonel Dufrane a préparé des propositions de revalorisations, qu'il doit prochainement défendre auprès de l'état-major de la Défense.     

Selon la définition de l'OTAN, les forces spéciales mènent des opérations "non standard" qui impliquent "l'acceptation d'un degré de risque physique et politique".      

Les missions de ces hommes concernent la surveillance et la collecte de renseignements, éventuellement en territoire ennemi, la protection de personnes, ainsi que des missions d'"action directe", de type commando.     

Certains membres du SFG sont ainsi actuellement en mission au Tchad, où ils effectuent des missions de "collecte du renseignement" au profit du commandant de la force européenne chargée de sécuriser la région frontalière avec le Darfour (ouest du Soudan).     

"Notre niveau (comparé avec les forces spéciales étrangères) est bon", a dit le "patron" du SFG.     

"Du point de vue du matériel, on ne peut pas se plaindre", a-t-il ajouté, en montrant la panoplie d'armements individuels et d'équipements dont disposent les forces spéciales.     

Il souhaite cependant l'acquisition en quelques exemplaires d'un nouveau véhicule, différent du charroi actuellement en service au sein des autres unités belges et adapté aux besoins spécifiques des SFG.


 




 

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