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Coronavirus: les grandes surfaces respectent-elles la règle de ne pas vendre de produits non essentiels? Notre reportage

 
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Vous le savez, les commerces considérés comme non-essentiels ont dû fermer suite aux dernières mesures du comité de concertation. Pour éviter toute concurrence déloyale il a été demandé aux grandes surfaces de ne plus vendre les articles non-essentiels. Certains clients affirment qu'il est pourtant toujours possible d'acheter ce type de produits. Est-ce le cas? Les grandes surfaces respectent-elles les règles?

Il y a deux jours, notre journaliste a pu se procurer un micro-onde dans un supermarché bruxellois. Équipé d'une caméra discrète, il avait interrogé la vendeuse pour connaître la position de l'enseigne. "Je pensais que je devais commander en ligne pour pouvoir acheter", lance notre reporter. "Non, non pas du tout. Au début c'était ce principe-là. Mais maintenant tant qu'on a le temps on le fait directement", répond alors la vendeuse.

Pourtant, les grandes surfaces qui vendent des articles non alimentaires, comme de l’électroménager, des jeux ou encore des meubles, ne peuvent vendre leurs produits que sous certaines conditions.

"Elles peuvent poursuivre leurs activités au moyen de livraisons ou d’un système de rendez-vous pour collecter en plein air les biens commandés préalablement", stipule un document des autorités.

Retour dans le supermarché avec une caméra cachée

Ce jeudi, l'une de nos équipes est retournée dans le même supermarché avec une caméra cachée. Il n'est toujours pas nécessaire d'avoir un rendez-vous au préalable et aucun point de collecte en plein air n'est mis en place. Cette fois, cependant, nous n’avons pas pu directement nous procurer d’article. Nous avons tout de même pu le voir avant de passer commande. "Vous pouvez me le montrer?", demande notre journaliste à un vendeur, après avoir indiqué un jouet sur un catalogue. "Oui, c'est mon collègue qui va le chercher en rayon pour vous le montrer", répond-il, avant de présenter la boîte du jouet à notre reporter.

La grande différence avec un petit commerçant, c'est que lui on ferme purement et simplement son magasin

Cette pratique reste pourtant interdite par l’arrêté ministériel et est dénoncée par le Syndicat Neutre des Indépendants. L'organisation estime que c’est déloyal envers les autres commerçants. "La grande différence avec un petit commerçant, c'est que lui on ferme purement et simplement son magasin et il ne peut absolument plus avoir d'activité, si ce n'est que de la livraison à domicile ou du clic and collect. C'est-à-dire je commande par internet et je viens chercher à la porte du magasin", explique Christophe Wambersie, secrétaire général du Syndicat Neutre pour Indépendants. "Qu'on ne puisse pas acheter de produits non essentiels, c'est tout simplement pour réduire les contacts sociaux et réduire le flux de clients".

Retour dans le supermarché, caméra et micro bien visibles

Mais revenons-en à la grande surface. Nous y sommes retournés avec notre caméra et micro bien visibles. Cette fois, la procédure nous est clairement présentée. "Vous devez donner votre nom, votre adresse et votre téléphone, on commande et puis on a un point retrait. Vous pouvez prendre les produits après une heure ou le lendemain", explique une vendeuse.

La loi prévoit que nous pouvons accepter un client par 10m²

En réalité, l’enseigne est persuadée d’être dans son bon droit. "La loi prévoit que nous pouvons accepter un client par 10m². Chez Carrefour, nous appliquons la règle d'accepter un client par 15m². Donc il y a toujours parfaitement moyen de respecter la distanciation sociale", indique Aurélie Gerth, directrice communication chez Carrefour.

Le Syndicat Neutre pour Indépendants a demandé un renforcement des contrôles au ministre de l’Economie, même si la plupart des supermarchés respectent les mesures gouvernementales.

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