Les hôpitaux de Dinant et Godinne refusent d'avancer l'argent aux patients français: "Il y a des gens qui ne pourront plus se soigner"

Les hôpitaux de Dinant et Godinne refusent d'avancer l'argent aux patients français:

Les habitants de Givet, en France, sont obligés de payer eux-mêmes leurs soins de santé dans les hôpitaux belges et d'attendre ensuite le remboursement. Parfois, les montants s'élèvent à plusieurs centaines d'euros, et les remboursements n'arrivent que bien plus tard.

Une vingtaine de plaques françaises sur le parking de l’hôpital de Dinant. Rien d’étonnant. Faute d’infrastructure proche, tous les ans, 9.000 Français de la zone Ardennes se soignent dans des cliniques belges. Une convention prévoit qu’ils ne doivent rien débourser. Mais depuis le 1er janvier, Bernard et des dizaines d’autres patients reçoivent des factures à payer.

"Ca commence à être élevé. C'est la troisième facture à payer et il en arrive presque toutes les semaines", a confié ce patient français à notre journaliste Sébastien Prophète.

Les mutuelles françaises tarderaient à payer les hôpitaux de Dinant et de Godinne. Manque à gagner de ces trois dernières années selon la direction : 700.000 euros. Le groupe préfère donc facturer directement au patient. Les montants varient entre quelques dizaines et plusieurs centaines d’euros. "Il y a des gens qui pourront se soigner, et d'autres qui ne pourront plus se soigner", dénonce Simone Gérard, présidente d'une association de patients français.

Le patient peut réclamer la somme à sa mutuelle. Mais en matière d’accès aux soins de santé, l’association de patients français dénonce un sérieux retour en arrière. "On n'a pas intérêt, ni l'un ni l'autre, à ne pas résoudre la question. Il en va de la santé des populations du territoire et économiquement, l'hôpital de Dinant a aussi intérêt à ce que la patientèle française continue à s'y faire soigner", a confié Joël Dujeux, secrétaire d'une association de patients français.

La direction du groupe hospitalier ne souhaite pas commenter la situation, mais précise tenir des réunions avec l’association de patients.

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