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Les kinés veulent être mieux payés, la nouvelle convention ne plaît pas à tous: "On nous propose des cacahuètes"

 
 

Les kinésithérapeutes souhaitent être mieux rémunérés. Un convention imposée par l'Inami fixe le tarif et le remboursement du patient. Mais cette convention n'est plus adaptée au coût de la vie. Une pétition circule pour faire bouger les choses. Elle a déjà recueilli 23.000 signatures.

Depuis 8 ans, Vincent est kinésithérapeute. Lorsque nous le rencontrons, il soigne un patient qui se plaint de douleurs à la cheville. Pour cette séance, il demande un tarif imposé par l'Inami, l'Assurance soins de santé et indemnités. "Le patient va payer 25€ et il va retoucher un peu plus de 19€ parce que je suis conventionné", explique-t-il. 

Vincent est donc un praticien conventionné. Mais depuis qu'il a commencé son activité, son salaire n'a pas changé. La nouvelle convention prévoit peu de changements. "On nous propose des cacahuètes. On nous propose une indexation de 0,78% face à une inflation de 8%", assure-t-il.

Selon l’association professionnelle des kinés, les séances devraient être facturées 35€ la demi-heure, au lieu des 25€ euros actuels.

Pour être mieux rémunéré, Vincent envisage donc de se déconventionner et ainsi facturer les honoraires qu’il souhaite. Mais il perd quelques avantages et le patient est moins bien remboursé. "Qui dit une séance plus chère, dit aussi des remboursement qui doivent suivre aussi. Donc ce que l'on veut surtout, c'est que le patient soit mis en avant et soit aussi gagnant dans ce combat", justifie le kinésithérapeute.

"Une grosse différence"

La différence de remboursement atteint 25 %. Le patient est donc victime de cette situation. C’est ce que regrette l’association professionnelle des kinés. "Si le patient va chez un kinésithérapeute déconventionné, il sera remboursé 25% en moins et l'honoraire sera plus élevé. Donc ça fait une grosse différence", estime Fabienne Van Dooren, directrice de l'association.

Une pétition demande la fin de cette différence de traitement. Elle compte déjà plus de 23.000 signatures. Mais le ministre de la Santé précise : il n’y aura aucun changement. Il rappelle avoir injecté cette année près de 14 millions d’euros pour revaloriser certaines prestations. "Les honoraires vont être améliorées de façon différenciée. Mais il y a quelques améliorations importantes. Je sais que ce n'est pas suffisant. En revanche, ces différences en termes de remboursement entre des kinés conventionnés et non-conventionnés, en dépit de tous les débats, ne vont pas changer dans l'immédiat", assure Frank Vandenbroucke, ministre de la Santé.

Les kinés ont un mois pour approuver la convention. Si 60% y adhèrent, elle sera mise en application.. À  l’inverse, elle sera supprimée. Le secteur ne pourra bénéficier dans ce cas des 14 millions d’euros.


 

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