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A cause de la sécheresse, les vaches de Philippe n'ont plus rien à brouter: "On est passé aux rations d'hiver"

 
 

Le manque de précipitations a également des conséquences pour les éleveurs. Dans les prairies, les vaches n'ont plus rien à brouter. Les éleveurs doivent donc nourrir leur bétail avec du foin. C'est le seul moyen pour que la production de lait ne diminue pas. Cette solution temporaire a évidemment un coût pour les agriculteurs.

Philippe Jaquinet, agriculteur depuis 20 ans à Bombaye dans la commune Dalhem en province de Liège, est consterné. Sa prairie est jaunie, complètement asséchée. Il n'a jamais connu pareille situation. "Une herbe totalement desséchée comme celle-ci ne contient strictement plus que de la cellulose et des fibres. Il n'y a plus aucune énergie à comparer d'une herbe bien verte comme elle devrait être pour nourrir mes vaches laitières".

Ses 110 vaches sont obligées de rester au frais à l'étable, rafraîchies par des ventilateurs.

"On est passé aux rations d'hiver depuis quelques temps. Les vaches doivent trouver l'entierté de la nourriture ici à l'intérieur", décrit l'agriculteur.

Pour compenser, cette nourriture est complétée par des rations. "On a un mélange d'aliments complets qui est composé de maïs, d'herbe verte, d'herbe préfannée qu'on a récoltée au printemps, de luzerne et alors dedans il y a également un complément en protéines énergétiques".

Seules les bêtes en gestation sont soignées dans les champs. Là aussi, elles sont nourries avec du foin. Malheureusement, les prévisions météorologiques n'annoncent pas une amélioration de la situation.

Sans vouloir être trop pessimiste, l'agriculteur qui scrute les prévisions météorologiques nous explique: "On annonce de la pluie de l'ordre de 5 litres par mètres carrés. Pour nous sortir à temps de cette situation, il faudrait qu'on ait plus ou moins 40 à 50 autres litres d'eau par mètre carré mais étalés sur une semaine et pas un seul orage", estime-t-il.

Ces compléments obligent l'agriculteur à déjà puiser dans ses réserves. 

Dépité, Philippe nous montre ce qu'il lui reste: "Voici les derniers foins qu'on a ramassés hier et je pense que ce sont les derniers de 2022. Malheureusement, le char n'est pas complet et donc on va avoir un manque de fourrage. Ce qui va être problématique pour l'hiver". 

En France, la sécheresse fait grimper les prix des produits laitiers. Un litre de lait est vendu plus de 0,40 euros. Chez nous, il était déjà fixé à plus de 0,55 centimes.

Philippe reste confiant et estime que le consommateur ne devrait pas connaître une grosse augmentation de prix: "Cela pourrait avoir un léger impact voire une diminution de la production au niveau européen ou au niveau mondial parce que je pense que la sécheresse a lieu dans d'autres pays également mais ça ne va pas avoir d'énormes conséquences sur le prix proposé au consommateur..."

En attendant, il faudra attendre plusieurs semaines pour que les vaches de Philippe puissent à nouveau brouter de l'herbe verte...


 

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