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Les travailleurs de GSK en arrêt de travail: "On demande de plus en plus, avec de moins en moins de personnel"

Les activités de production sont à l'arrêt sur les sites du groupe GSK de Wavre et de Rixensart, à la suite d'assemblées du personnel qui se sont tenues lundi matin.

Plusieurs témoins nous ont prévenus via le bouton orange Alertez-nous: le personnel de l'entreprise pharmaceutique GSK a lancé une action de grogne ce lundi. "Il y a actuellement un gros mouvement de grogne sociale avec arrêt de travail des ouvriers, employés et cadres chez GSK à Wavre", nous a prévenu une personne à 9h55. Après 11h, d'autres témoins nous ont indiqué qu'un arrêt de travail était également mené sur le site de Rixensart. L'action est lancée pour une durée de 24 heures.


Sous-traitance et prime

Les représentants du personnel ont tenu des assemblées d'information pour faire le point avec les travailleurs sur deux points qu'ils considèrent comme critiques: les modalités d'octroi de certaines primes et les plans de la direction en ce qui concerne le recours accru à la sous-traitance. Le personnel de production estime, à l'instar des syndicats, que les réponses de la direction ne sont pas claires.

"Les ouvriers, les employés et quelques cadres ont débrayé à la suite des assemblées qui se sont tenues sur les sites de Wavre et de Rixensart. En ce qui concerne les discussions sur la sous-traitance, quatre réunions ont déjà eu lieu sur le sujet mais elles n'aboutissent pas. On nous répond qu'au-delà de trois ans, il n'y a plus de garantie. La direction fait le choix de sous-traiter au maximum alors que l'entreprise est en pleine croissance", dénonce Imdat Gunes, délégué principal FGTB, interrogé par Belga.

Contacté par nos soins, Philippe Leclerc, secrétaire régional Brabant wallon de la FGTB confirme qu'une action est en cours. "Pour l'instant il n'y a pas de grève. Mais une assemblée générale a eu lieu à Wavre, et une autre se déroule à Rixensart. Les travailleurs de Wavre ont effectivement lancé un arrêt de travail spontanément. Les deux gros sujets sensibles concernent la sous-traitance et la redistribution d'une prime", précise-t-il.

De son côté, une représentant de la CSC confirme. "Le mouvement de grogne fait suite à une question de problèmes internes. Et surtout la volonté de la direction de sous-traiter une série d'activités, comme le nettoyage, les vaccins, les tests qualité, etc. Et même des activités qui font partie du core business (ndlr: activité principale). Cela engendre beaucoup d'inquiétude, et ça concerne tout le monde: ouvriers, employés et cadres", indique Jean-Marc Lepied.

Les travailleurs de GSK craignent également que des licenciements ne viennent perturber l'emploi en Belgique dans les mois à venir.


Conditions de travail

Le personnel de l'entreprise pharmaceutique dénonce également les conditions de travail. La qualité des emplois serait en baisse selon des travailleurs de la société. Certains employés et ouvriers se plaignent de devoir faire toujours plus avec moins de moyens. "Sur le terrain, ce qu'il faut savoir, c'est qu'on a du personnel qui prend de l'âge. C'est vrai que chaque année on prend une année en plus. Aujourd'hui, on a des gens qui n'arrivent plus à suivre. On demande à la direction de faire quelque chose pour ce personnel-là, et aujourd'hui la direction nous dit 'On va discuter', mais rien n'est fait. En attendant, on a des gens qui ont des problèmes physiques ou autres. Au lieu de présenter des emplois de qualité, on nous dit 'On va nous mettre en compétition avec d'autres sites qui sont plus performants que vous'", indique Michel De Bondt, délégué CSC Ouvriers. "On ressent une pression, y compris le personnel ouvrier et employé. On demande de plus en plus, avec de moins en moins de personnel et avec une concurrence interne qui est vraiment démesurée".

De son côté, la direction affirme ne pas comprendre cette interruption de travail. Des négociations sont en cours et le dialogue avec les syndicats n'est pas rompu. La direction invoque aussi des arguments, notamment le fait que ces deux dernières années GSK a octroyé 600 CDI, preuve selon elle que cela assure la stabilité et la sécurité du travail.


L'un des plus grands employeurs de Belgique

GSK est le principal employeur privé de Wallonie, avec 9.000 personnes employées en Belgique. C'est une très grande société dont le site de Wavre est le site de fabrication de vaccins le plus important au monde.

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