Les vins pétillants 100% belges ont la cote avant le réveillon de Nouvel An: comment expliquer ce succès?

Qui dit Nouvel An, dit souvent "bulles". Et la Belgique est loin d'être en reste, en la matière. Nos vins effervescents ne peuvent pas officiellement porter le nom "champagne", mais ils en ont les qualités. Et ont, d'ailleurs de plus en plus de succès. La production belge est loin d’être confidentielle: le million de bouteilles produites pourrait être atteint en 2020. Les pétillants belges trouvent place de plus en plus importante sur les tables des fêtes. Comment expliquer ce succès ? Quels sont leurs atouts ?

125.000 pieds de vigne à Quevy. Leur terroir, c’est le Hainaut, à moins de 200 km de la capitale du champagne. Une appellation qui est ici interdite.

"On ne pourra jamais l’appeler champagne mais si au niveau de la qualité de grands sommeliers trouvent, qu’en Belgique, on arrive à faire des produits tout à fait comparable et même parfois supérieurs. On l’appelle ainsi 'bulles belges' ou méthode traditionnelle", explique Huber Ewbank De Wespin, le gestionnaire du Domaine du Chant d’Eole à Quevy.


"C’est un produit belge donc ça ne vaut rien" 

Dans sa cave, le trésor. 80 à 100.000 bouteilles sont produites par an. Pour une demande de 150.000. La demande a quadruplé en quatre ans. Les bulles font carton plein.

Le pionnier est à Haulchin (Estinnes) avec 300.000 pieds, en pleine taille. Pour le vigneron Raymond Leroy, le succès est aussi lié à la fierté. "Quand j’ai créé le vignoble avec mes associés, je croyais que le Belge allait se dire ‘C’est un produit belge donc ça ne vaut rien mais c’est tout à faire l’inverse. En réalité, le Belge est plus chauvin qu’on ne le croit", indique-t-il.

Le vin pétillant belge est tendance: 630.000 bouteilles ont été produites en 2015 contre 800.000 cette année. On en attend plus un million dans un an ou deux ans.


"Une bulle incroyable"

Une autre maison, le vignoble des Agaises, fonctionne sur commandes un an à l’avance. Les ruptures de stocks sont permanentes. Même les Français sont séduits.

"Il y a une réelle évolution. Il y a de la finesse, de la légèreté. Pour Ruffus, il y a une bulle incroyable", indique Jean-Marc Marbaise, le gestionnaire d’une propriété viticole en France .

Les domaines grandissent. De nouvelles étiquettes apparaissent. Avec peu de place pour l’exportation.

"Je crois que de plus en plus, le Belge connaît la "bulle belge" et l’apprécie. Nous ne sommes qu’au début", assure Raymond Leroy

Aujourd’hui, deux bouteilles de vin belge sur trois sont effervescentes. Des séries d’exception rencontrent un public en attente.  Des bulles belges trouvent leur place sur des tables étoilées.

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