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Linda, sans-abri, a retrouvé sa tente saccagée en plein hiver: elle déplore "la méchanceté gratuite" des coupables

Le froid polaire de ces derniers jours met en lumière le quotidien difficile des sans-abri. Des citoyens s'organisent pour les aider. Linda a bénéficié de cet élan de solidarité.

Boulevard du midi, deuxième pylône sous le pont du chemin de fer. Durant dix mois c’était l’adresse de Linda et son compagnon. Une tente, encrée à moins de deux mètres de la circulation bruxelloise.

"Il y a beaucoup d’inconvénients, comme le train, la circulation, les ambulances, les pompiers, la police, mais pour nous c’était un endroit clef pour être plus protégé en fait", raconte Linda.

Qui dit passage, dit témoins et donc, un peu moins d’insécurité. Jour et nuit, le vacarme des trains et des voitures est assourdissant. En hiver, Linda accumule les couches pour se protéger du froid. Elle préfère sa tente aux abris de nuit. Solution d’urgence aux horaires stricts.

"Goûter cette chaleur, c’est horrible. C’est cruel moi je trouve parce que on s’habitue à chauffer le soir et à 7h du matin on se retrouve dehors avec ses affaires. Ce n’était pas une solution donc moi j’ai choisi cette solution de la tente. Je peux passer ma journée… Je suis caché des gens j’évite ce regard."

"Méchanceté gratuite"

Il y a un peu plus de deux semaines, de retour au campement, Linda retrouve sa tente éventrée, ses affaires saccagées. "C’était vraiment cassé, la méchanceté des gens gratuite", déplore-t-elle.

Linda est en contact avec une association qui vient en aide aux sans-abris. Ses membres se mobilisent pour l’aider face à l’urgence. Ils lui trouvent une chambre d’hôtel. "Il y avait des travaux à faire à la maison. On les a aidés pour leur montrer que ce n’est pas parce qu’on est des SDF qu’on est des bras cassés. Par après, avec ce qui nous est arrivé avec la tente, c’est comme ça que ces gens avec lesquels on a fait des activités se sont mobilisés", raconte Linda.

Une solution à court terme qui s’accompagne d’un travail pour sortir durablement du cercle vicieux de la rue. D'après "Zazou" Englebert, co-fondatrice de l’ASBL Huneeds, pour trouver des solutions, il faut "créer un réseau autour de ces personnes sans abris pour leur donner un tremplin pour leur permettre de sortir de la rue".

Linda, elle, multiplie les démarches auprès du CPAS. Elle espère trouver rapidement un propriétaire qui acceptera de la loger.

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