Jean-Philippe Lombardi et les chroniqueurs de l’émission On Refait le Monde sur Bel RTL sont revenus sur la vidéo et l’article publiés ce mardi matin sur RTLinfo.be concernant des parents prenant de la drogue devant leur petite fille. Une auditrice a apporté son témoignage.
Ce mardi soir sur Bel RTL, l’émission On Refait le Monde présentée par Jean-Philippe Lombardi est revenue sur la vidéo publiée ce matin sur notre site montrant des parents consommant du crac devant leur enfant. Les chroniqueurs de l’émission ont évoqué la piste de la prison pour les toxicomanes et ont tous déclaré qu’ils n’étaient pas d’accord avec cette option, car la drogue circule très bien en milieu carcéral.
"Au départ on se dit ‘oh je ne tomberai pas là-dedans, ça ne m’arrivera pas à moi’"
Muriel (prénom d’emprunt), une auditrice, a tenu à apporter son témoignage. Elle a été incarcérée il y a plusieurs années et est devenue toxicomane en prison. "J’ai été incarcérée en 96’ pour faux et usage de faux, je n’étais pas toxicomane à l’époque. J’ai pris 5 ans et lors de ma détention durant cinq années, j’ai craqué et je suis devenue toxicomane. Je sais que dans le quartier des hommes c’est pareil. Il y a certaines personnes qui rentrent en prison pour d’autres faits et quand elles ressortent de là, elles sont toxicomanes aussi. Donc je ne sais pas si c’est une bonne idée de mettre les toxicomanes en prison, sincèrement je ne crois pas. C’est vrai qu’on prend la décision au départ de toucher à ça, au départ on se dit ‘oh je ne tomberai pas là-dedans, ça ne m’arrivera pas à moi’, puis après un matin on se lève et on est bien dedans", a-t-elle expliqué.
"Certains matons ou matonnes sont au courant et ne disent rien pour avoir un peu de tranquillité"
Jean-Philippe Lombardi lui a alors demandé pourquoi elle avait pris de la drogue alors qu’elle n’en prenait pas avant? "Parce qu’en prison on est enfermé, on n’a pas d’activités et puis la drogue circule devant nos yeux", a-t-elle répondu. Emmanuelle Praet, journaliste au Soir Magazine, lui a ensuite demandé qui lui en avait proposé et quel type de Drogue était-ce. Muriel a répondu que c‘était une détenue qui lui avait proposé de l’héroïne et que la drogue rentrait par l’extérieur de la prison et y circulait plus ou moins librement. "Pas vraiment tranquille, un peu cachée, mais bon certains matons ou matonnes sont au courant et ne disent rien pour avoir un peu de tranquillité. Je choque en disant ça, mais c’est la vérité", a-t-elle précisé.
"On peut faire rentrer tout ce qu’on veut en prison"
Marc Metdepenningen, journaliste judiciaire au journal Le soir, lui a demandé quelles étaient les contreparties qu’on exigeait d’elle pour lui fournir cette drogue. "De l’argent. Il y a toujours moyen d’avoir de l’argent. On peut faire rentrer tout ce qu’on veut en prison", a-t-elle affirmé.
"Je veux récupérer ma vie d’avant, tout en étant honnête et tout en étant sobre"
Muriel a ensuite expliqué qu’elle était sortie de prison depuis deux ans mais n’avait pas réussi à arrêter la drogue. "Je suis sortie de prison, mais là pour le moment je suis en traitement et ça fait deux ans et il y a des jours j’y crois et des jours je n’y crois pas mais il faut que je sois forte. Je veux récupérer ma vie d’avant, tout en étant honnête et tout en étant sobre. J’ai deux enfants, il y en a un avec qui ça se passe très bien et avec l’autre ça se passe très mal", a-t-elle confié.
Répondant à une question d’Emmanuel Praet qui lui demandait ce qu’elle pensait de la maman qui prenait du crac devant son enfant sur la vidéo, elle a déclaré qu’elle trouvait cela honteux. "Il y a toujours moyen de prendre ça discrètement. Je comprends les gens qui sont choqués, moi-même je suis choquée", a-t-elle conclu.
