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Pourquoi certains chrysanthèmes sont-ils aussi bon marché?

Dans quelques jours, ce sera la Toussaint et vous serez sans doute nombreux à orner les tombes de vos défunts avec le plus souvent des chrysanthèmes. Cela fait déjà cent ans que cette plante à floraison tardive est devenue incontournable dans nos cimetières. On en trouve même aujourd'hui à des prix qui défient toute concurrence: moins de deux euros pièce. Alors comment font les producteurs pour proposer des fleurs aussi bon marché ?

Pour certains, c'est un passage obligé avant la Toussaint. Dans les rayons d'une jardinerie à Ath, dans la province du Hainaut, les clients repèrent les plantes qui fleuriront les tombes de leurs proches. Une tradition, mais un budget aussi. "Nous comptons toujours entre 100 et 150 euros. Pour les parents, ça vaut le coup. C'est normal, on doit les remercier", raconte un client.

Dans cette jardinerie, le chrysanthème représente 50% du chiffre d'affaires avant la Toussaint. Prix: environ 4 euros l'unité. Johnny Delitte, gérant de la jardinerie, fait savoir: "Les prix de vente des pomponettes dans les jardineries n'ont pas évolué depuis 10 ans, même 15 ans (…). On est concurrencé par la grande distribution, malgré que le produit pour moi n'est pas identique."

Il y a la vie miraculeuse du sol

La semaine dernière, dans certains supermarchés, vous pouviez trouver des chrysanthèmes à moins de 2 euros. Des prix et une philosophie à l'opposé de ce que pratique, Claude Henricot, un producteur wallon. "Ils ne gagnent pas grand-chose par plant, mais sur la masse oui. Ce sont des gens qui font plusieurs millions de chrysanthèmes. Si vous voulez, ce sont des gens qui  font la masse plutôt que la qualité." Pour bien comprendre, Claude nous emmène sur son champ. "Sous la paille, il y a la vie miraculeuse du sol." Il y a quelques jours, c'est sur l'un de ses champs qu'il cultivait ses chrysanthèmes.

Claude pratique une culture raisonnée. La paille sur le sol lui permet de se passer de pesticides et d'herbicides. C'est aussi un bouclier contre la sécheresse.

"On a bénéficié d'une fraîcheur tout l'été malgré la canicule. En plus,  pas de mauvaises herbes et c'est une réserve incroyable d' insectes auxiliaires, c'est-à-dire qu' ils vont aller attaquer les prédateurs d'autres insectes, les pucerons." 

Au Nord du pays et aux Pays-Bas, une large partie de la production est industrielle. Ce sont les plantes de ces entreprises qu'on retrouve comme produit d' appel dans les grandes surfaces.

Françoise Faux est directrice du centre d'essais Horticoles de Wallonie. Elle était au micro du RTLinfo 19 heures: "Dans ces industries, c'est vraiment produit à bas prix. Ce prix annoncé par les grandes surfaces aujourd'hui est tout à fait en dessous du prix de revient, du coût de production de la plante."

Pour un chrysanthème acheté chez Claude, comptez 6 euros. La majorité des 5000 plants produits chaque année sont réservés par les clients. Claude bichonne ses fleurs jusqu'au dernier moment... le secret selon lui pour des cimetières remplis de couleurs le jour de la Toussaint.

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