Ryanair veut interdire à ses voyageurs de boire trop d'alcool avant de prendre l'avion: "La bière reste un bon passe-temps"

Ryanair aimerait limiter la consommation d’alcool de ses passagers avant l’embarquement. La compagnie demande aux aéroports de trouver une solution pour servir deux verres d’alcool maximum aux clients. Est-ce réalisable?

L’idée est défendue par le grand patron de Ryanair en personne. Michael O'Leary souhaite cette fois s’attaquer à la consommation d’alcool de ses passagers. Son projet est de réguler les ventes au sein même des aéroports. Pour des voyageurs en partance pour Ténériffe, interrogés par nos journalistes Julien Crête et Xavier Preyat, la question mérite d’être posée. "Je pense que c’est une très bonne idée, dit un voyageur. Celui qui voyage avec quelqu’un de saoul à côté de lui, c’est pas agréable."


"Une petite bière spéciale avant de démarrer, c’est parfait"

"Je pense que c’est une idée qui n’est pas la bienvenue, contredit un autre voyageur. On est déjà en vacances quand on arrive à l’aéroport. Alors une petite Leffe ou une petite bière spéciale avant de démarrer, c’est parfait".

Les voyageurs étrangers sont du même avis. "Ce serait mauvais, on doit attendre près de 6 heures sans rien à faire. La bière reste un bon passe-temps".

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"Ce n’est absolument pas réaliste"

Dans les faits, Ryanair voudrait interdire la vente d’alcool dans les aéroports avant 10 heures du matin et limiter également les quantités à deux verres par passager en journée. L’idée fait bondir le grand patron de l’aéroport carolo. "Ce n’est pas du tout réaliste, il faut quand même que les commerces puissent fonctionner en étant attentifs évidemment à éviter des excès, des gens qui exagèrent", réagit Jean-Jacques Cloquet, administrateur-délégué de l’aéroport de Charleroi-Bruxelles Sud. "Mais je crois que non, ce n’est absolument pas réaliste".

Parmi ses arguments, Ryanair pointe des débordements rencontrés à bord de certains avions ces derniers mois. Il convient surtout de maîtriser ces passagers perturbateurs avant l’embarquement.


"Le commandant de bord a aussi plein pouvoir"

"On a une très bonne collaboration avec la police, souligne Jean-Jacques Cloquet. Quand des personnes exagèrent ou deviennent dangereuses par rapport à un excès d’alcool, évidemment, on intervient et on les pénalise, voire on les empêche de prendre l’avion. Il ne faut pas oublier non plus que le commandant de bord a aussi plein pouvoir".

Le projet a donc peu de chances de voir le jour. Dans son combat, Michael O'Leary oublie également que de nombreux passagers consomment de l’alcool avant leur arrivée dans les aéroports.

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