Découvrez l'apprentissage "spontané" organisé pour des élèves à Mons: "Les enfants amènent ce qu’ils ont envie d’apprendre"

FWB, scolarisation

Environ 1.000 enfants sont scolarisés en Fédération Wallonie-Bruxelles à la maison. A Mons, plusieurs parents ont décidé de créer une maison pour les accueillir, une structure avec une méthode de travail et des modules de cours différents de l'école classique. Reportage dans le RTLInfo 13 heures.

Le lieu a des allures de maison classique, mais derrière les murs, une trentaine d’enfants commenceront pourtant l’école dès lundi. "Bonjour, bienvenue à "Nanana" (Nom du projet, NDLR), je vais vous faire visiter. On commence par la cuisine", annonce Lucas, 9 ans, en ouvrant la porte de la maison.

Ici, il ne faut pas dire établissement scolaire, mais plutôt lieu d’apprentissage ouvert à tous. Lucas détaille tout ce qu’il y a au rez-de-chaussée de la maison : "La cuisine, le salon, la salle à manger, et le jardin". Les enfants peuvent aller partout, quand ils veulent. C’est le principe-même du projet : l’apprentissage spontané sera appliqué ici pour des enfants de 3 à 18 ans. Pas de programme officiel, mais tout atelier ou tout jeu permettra d’apprendre différemment, selon les envies. "Les enfants amènent ce qu’ils ont envie d’apprendre, ce qu’ils ont envie de connaitre. On les guide vers ça, et on fait vivre leur projet, leurs envies et leurs besoins. On va apprendre sans s’en rendre compte. Dans tout ce qu’on va faire, ils vont apprendre quelque chose", explique Lawrence Liebenguth, adulte référent pour le projet "Nanana".


"Ce qui est important, c'est d'apprendre à apprendre"

Et les enfants semblent bien convaincus, comme Maxime, 10 ans. "Ça m’ennuie un peu de rester assis à une table en permanence. C’est bien ici, parce qu’on se fait des nouveaux amis, j’aime beaucoup". Pour l’heure, les parents et quatre bénévoles résidents seront chargés de faire vivre "Nanana". Des bonnes volontés qui viendront parfois partager leur passion, la cuisine ou le bricolage par exemple. "Ce qui est important, c’est d’apprendre à apprendre. C’est donner les clés à l’enfant, pour qu’il comprenne, en apprenant quelque chose qui l’intéresse, les mécanismes qui vont lui permettre d’apprendre après quelque chose qui l’intéresse moins", détaille Joffrey Moreau, père de trois enfants inscrits. Il enfilera à l’occasion la casquette de professeur alternatif.

Préparé depuis plusieurs mois, le projet est tout à fait légal. Reposant sur le principe de l’école à domicile, il sera jalonné de contrôles et d’examens réguliers, comme le détaille Louise, 16 ans. "On est contrôlés tous les deux ans, pour être sûr qu’on n’est pas maltraités, qu’on n’est pas exploités et qu’on travaille bien. Ici, je termine par le jury central du CE2D".


Une collaboration financière

Le projet veut coller à tout prix au besoin des enfants. "Le problème, c’est qu’on doit tous suivre le même chemin quand on rentre à l’école. Et chaque enfant a en fait sa manière d’apprendre", détaille Laurence Demanet, adulte référent pour le projet. "Nous, ce qu’on a la chance de faire, c’est de pouvoir offrir aux enfants le chemin qui leur correspond le mieux". Pour l’heure, le projet a besoin de 2000 euros par mois pour fonctionner. Les parents y contribuent selon leurs possibilités et de manière concertée.

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