L'étonnant retour du transport fluvial: comme au 19e siècle, de plus en plus de marchandises sont livrées par voie d'eau

L'étonnant retour du transport fluvial: comme au 19e siècle, de plus en plus de marchandises sont livrées par voie d'eau

Favoriser le transport par voie d'eau plutôt que par route: c'est peut être l'une des solutions pour polluer moins et pour désengorger nos routes et autoroutes. De plus en plus de sociétés se tournent vers ce type de transport.

Une entreprise de matériaux de construction, la société Gobert, a lancé la construction d'un nouveau bâtiment le long du canal à Anderlecht pour acheminer une bonne partie de sa marchandise par voie d'eau. 

Le canal qui traverse Bruxelles est la seule voie de pénétration dans la capitale qui n'est pas embouteillée. Pourtant le trafic sur l'eau est déjà intense comme l'indique Philippe Mathis, directeur général du Port de Bruxelles, au micro de Bernard Lobet pour Bel RTL: "En 2017, on a transporté plus de 7 millions de tonnes. Ça fait 646.000 camions en moins dans la ville, et donc 100.000 tonnes de CO2 économisées dans l'atmosphère".


Une solution écologique et pratique 

Près de 200 entreprises utilisent le canal actuellement. En 5 ans, le trafic marchandises a augmenté de 12%. Le recours à la voie fluviale est à la fois une solution écologique et pratique pour les imposants volumes à déplacer.

"Nous créons des centres de transbordement urbain le long de la voie d'eau. Ils permettent d'acheminer les marchandises en palettes et les redistribuent en plus petits unités qui sont moins polluantes au cœur de la ville, avec des vélos électriques par exemple. C'est l'approche du 21e siècle", ajoute Philippe Mathis. 

Bien qu'une entreprise puisse ainsi transporter plus de marchandises à la fois, il existe tout de même quelques inconvénients. En effet, c’est un peu plus lent et les points de livraison sont souvent éloignés de la destination finale. Le transport par voie d’eau reste aussi plus coûteuse que le transport routier.


"Nous ne sommes pas dans une ville comme Venise"

Le déplacement domicile-lieu de travail qui s’effectue sur une voie navigable est soumis à la même réglementation sur le remboursement des frais de déplacement que d’autres moyens de transports publics.

"En Wallonie, nous avons la "Namourettte" à Namur mais c'est quelque chose qui est plus à portée touristique. La ville est relativement petite donc on fait très vite les déplacements en vélo ou à pied. Il y a le cas de Liège où une navette fluviale existe. Il peut y avoir un intérêt parce que ça permet d'aller directement d'une rive à l'autre sans devoir faire un détour en transport en commun ou à pied. Dans ce cas là, ça peut rentrer dans le cadre domicile-travail", éclaire Yvon Loyaerts. directeur général de la gestion des voies hydrauliques en wallonie

Avant d'insister: "Il faut bien se rendre compte que c'est relativement marginal. Nous ne sommes pas dans une ville comme Venise"

Depuis 2014, d'importants investissements ont été consentis en Wallonie dans le domaine du transport fluvial. De nouvelles grandes écluses à grand gabarit de 225 mètres sur 25 sont désormais capables de faire passer des convois poussés de 9000 tonnes. C'est l’équivalent de 400 poids-lourds. 

Vos commentaires