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Une femme publie la vidéo de son agression sur internet: en a-t-elle le droit?

Une femme publie la vidéo de son agression sur internet: en a-t-elle le droit?

Une jeune femme a publié la vidéo de son agression à Paris par un homme qui l'a frappée au visage lorsqu'elle a répondu à ses remarques obscènes. Une information que vous pouvez retrouver en bas de cet article.

En publiant cette vidéo sur les réseaux sociaux, cette jeune femme est en infraction. Et ce serait le cas aussi, si elle était Belge. "Que vous soyez victime ou pas, vous n'avez pas le droit de diffuser publiquement des vidéos qui représentent d'autres personnes sans avoir leur accord. La vidéo ici de l'agression est assez révélatrice. C'est une terrasse de café à Paris qui filme aussi l'espace public, et l'agression a lieu sur l'espace public. Une caméra privée ne peut pas filmer l'espace public, c'est interdit", explique Etienne Wery, un avocat belge.

Ce n’est pas la première fois que des images de surveillance sont partagées sur Facebook ou Twitter. En mars dernier, un commerçant namurois diffuse la photo des personnes qui viennent de cambrioler son magasin. Il leur propose même un marché: s’ils se reconnaissent sur les réseaux sociaux, ils viennent rapporter la marchandise, et il ne portera pas plainte contre eux.

Un autre commerçant de Namur avait diffusé l’image de ses agresseurs avant même de porter plainte.

Une frustration énorme des victimes de ne pas être reconnues par la justice

Et les victimes sont de plus en plus nombreuses à agir de la sorte. "C'est dû à deux choses. La première c'est que c'est tellement simple de balancer une vidéo que la tentation est grande. La deuxième c'est une frustration énorme des victimes de ne pas être reconnues par la justice. Nous avons une justice qui ne fonctionne pas sur le plan pénal. Il faut des années pour qu'un jugement soit rendu, et les victimes ne le tolèrent pas", indique Etienne Wery.

Même si publier une vidéo de son agresseur ou d’un cambrioleur sur les médias sociaux est interdit, les internautes et les propriétaires des caméras de surveillance sont rarement punis par la justice.

Sachez également que tout utilisateur d'une caméra de vidéosurveillance doit la déclarer au guichet électronique www.declarationcamera.be. Pour plus d'informations, vous pouvez consulter le site Sécurité et prévention ou le site de l'Autorité de protection des données.

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