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Vers la fin des longs congés pénitentiaires ? "C'est toujours bon d'ouvrir les portes de la prison"

Le monde judiciaire est remonté contre la décision du ministre de la justice de suspendre les longs congés pénitentiaires. Toutes les nouvelles demandes seront refusées jusqu'à nouvel ordre. A quoi servent ces congés pour les détenus? Explications avec Thibault Baltazar et Elisabeth Wouters pour le RTL Info 13 heures.

Il y a un an, Koen Geens crée les congés pénitentiaires prolongés. Sous conditions, cette mesure permet aux détenus de sortir de prison une semaine sur deux soit nettement plus que les 36 heures mensuelles légales. 

Nicolas Cohen, avocat et président de l’Observatoire International des Prisons plaide pour ces sorties prolongées. Ces dernières facilitent la réinsertion des prisonniers dans la société.

"On a quelque chose qui ouvre les portes de la prison, et c'est toujours bon d'ouvrir les portes de la prison. On se rend bien compte qu'en les ouvrant, on n'a pas augmenté la délinquance en Belgique. C'est une mesure qui est un signal fort politique pour dire que l'on peut sortir des gens de la prison, et nous ne vivrons pas plus mal", explique-t-il au micro de Thibault Baltazar et Elisabeth Wouters pour le RTL Info 13 h.

Hier, le ministre de la justice a pourtant fait machine arrière. En réponse à l'attaque à Liège, il a suspendu l’octroi de ces congés pénitentiaires prolongés.


"Un système qui fonctionne bien"

"Ce n'est pas un nouvel élément dans leur dossier dans leur dossier. C'est simplement une lubie du ministre qui a décidé que pour satisfaire un objectif politique, il fallait présenter une réaction sécuritaire à l'attentat de Liège", souligne président de l’Observatoire International des Prisons.

Sur 700 détenus concernés par ces congés, 70 seulement ont vu leur procédure s’arrêter en chemin. Selon Denis Bosquet, avocat, ces données sont encourageantes. 

"C'est un dixième de ces congés de longue durée qui ont échoué pour des raisons que l'on ignore. C'est peut-être un retard à la réintégration ou peut-être pas de réintégration du tout. Donc c'est extrêmement faible, cela veut dire que c'est un système qui fonctionnait bien", note l'avocat. 

L’incompréhension a gagné une partie du monde judiciaire. Jusqu’à quand ces congés pénitentiaires prolongés seront-ils suspendus ? Impossible de le savoir. Le ministre s’en tient pour l’instant, à un communiqué écrit laconique. 

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