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Une sexologue démystifie l'utilisation du Viagra: "Ce n'est pas une pilule magique. Sans désir sexuel, ça ne marche pas"

Lancé il y a précisément 20 ans aux Etats-Unis, le Viagra a été vendu à des milliards d'exemplaires. Pourtant deux décennies après sa création, l'utilisation du Viagra reste très taboue, comme l'explique la sexologue et docteure en psychologie Alexandra Hubin sur le plateau du RTL Info 13h. 

"J’ai beaucoup de mes patients qui n’osent pas aller dans leur pharmacie habituelle", explique-t-elle. La docteure affirme que les hommes peuvent avoir du mal à admettre leur recours au Viagra à leur partenaire, craignant sa réaction. 

"Pour certaines femmes, c’est une idée du type 'sans ça, il ne me désire pas, c’est grâce à de la chimie qu’il me désire'. Alors qu’en réalité, c’est très important de souligner que ce n’est pas une pilule magique. Sans désir sexuel pour son ou sa partenaire, la pilule ne marchera pas. C’est un coup de pouce physiologique qui va aider cet afflux sanguin qui est nécessaire pour faire apparaître et maintenir les érections", insiste Alexandra Hubin.

"La culture du porno nous amène l’idée d'une sexualité performante"

Des hommes relativement jeunes utilisent le Viagra parfois. Malheureusement, cet usage ne se fait pas toujours à bon escient. Il peut même entraîner des difficultés sexuelles qui n'étaient jusqu'alors pas perceptibles. 

"La culture du porno nous amène l’idée d'une sexualité performante. Le Viagra dans certains cas n’est pas nécessaire pour des raisons physiques et l’utiliser va être pris comme une substance dopante", précise la sexologue.


"On entre dans un engrenage de difficultés sexuelles"

Les conséquences peuvent alors être dramatiques. "Même s’il n’y a aucune accoutumance physique liée au médicament, d’un point de vue psychologique, on s’habitue, on est conditionné à fonctionner dans sa sexualité avec le médicament. Donc quand on ne le prend pas, panique à bord, on entre dans un engrenage de difficultés sexuelles alors qu’à la base, il n’y en avait absolument pas", conclut la sexologue. 

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