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Violences conjugales: pourquoi c’est si difficile d’interdire au conjoint violent de revenir au domicile?

Chaque jour dans notre pays, 100 plaintes sont déposées pour violences conjugales. Il est possible pour la justice d'interdire provisoirement le domicile au conjoint violent. Mais cette mesure n'est quasiment jamais appliquée. Loïc Parmentier et Dominique Sokolowski sont allés à la rencontre d’experts pour le RTLinfo 13H.

Pour lutter contre les violences conjugales, l’année dernière la justice a décidé 94 fois d’interdire au compagnon violent de réintégrer le domicile pendant 10 jours. C’est peu. C’est en tout cas le constat du ministre de la Justice Koen Geens. Son idée: promouvoir cette mesure. En clair: qu’elle soit appliquée plus souvent.


Les victimes préfèrent souvent partir

Les professionnels sont plutôt pour, mais ils ont des réserves sur l’application de cette mesure. "On sait bien que les victimes ne souhaitent pas rester dans le lieu où se sont passés les faits. Elles se sentent souvent en insécurité. Et donc bien souvent, elles préfèrent malgré tout partir elles-mêmes avec leurs enfants quand elles en ont", explique Frédéric Benne, le co-directeur du centre de prévention des violences conjugales à Bruxelles.


Une mesure difficilement applicable

Isabelle Schyns, la présidente du Tribunal francophone des Familles de Bruxelles, précise: "A ma connaissance, ce tribunal n’a pas encore été saisi d’une telle demande. L’explication pourrait être un manque d’effectif au sein du parquet du procureur du roi francophone de Bruxelles".

En Belgique, c’est la tolérance zéro qui prime contre les violences conjugales. Et dans l’arsenal des mesures à disposition de la justice, il existe effectivement depuis 2012 une interdiction temporaire de revenir à son domicile. La mesure, jugée intéressante, est déjà très difficilement applicable.

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