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Vous voudriez donner vos organes s'il vous arrivait malheur? Mieux vaut le dire, voire l'écrire, car parfois, la famille s'y oppose (vidéo)

Les donneurs d’organes sont de plus en plus nombreux en Belgique. Il y en a aujourd’hui 380.967 qui se sont officiellement portés candidats auprès de leur commune, 27.000 de plus que l’année dernière. Ils sont 10 fois plus nombreux qu'il y a 17 ans. Même sans déclaration officielle, nous sommes tous donneurs d'organes.

Théoriquement, l’ensemble de la population est donneuse d’organes. Aller à la commune pour se porter candidat, c’est être sûr que son choix soit respecté. La question du don d’organe se pose à un moment précis : l’état de mort cérébrale ou quand le patient ne se réveillera plus. En Belgique, 320 donneurs ont été prélevés en 2018, selon les chiffres de Beldonor. Leur profil a changé. "Avec les nouvelles voitures, la sécurité augmente, éclaire Shahram Mashayekhi chef de service réanimation du centre hospitalier Epicura Hornu. On a moins d’accidents de roulage. On a moins de patients avec des organes en bon état de fonctionnement. On a plutôt régulièrement des patients d’un certain âge qui souffrent déjà de polypathologies, ce qui entraîne des défaillances débutantes de certains organes.


Il arrive que la famille s'y oppose si le choix n'a pas été exprimé par le patient

Par la loi, nous sommes tous donneurs. Le consentement est dit présumé. Mais au pire moment, aucun proche n'est préparé à la question du don. Dans 12 à 14 % des cas, la famille le refuse. "Par définition, un donneur, c’est quelqu’un qui va mourir en bonne santé (c’est un accident de voiture, une rupture d’anévrisme), donc quelque chose de brutal, explique Isabelle Sénépart, responsable de la campagne Beldonor au SPF Santé Publique. Pour la famille c’est déjà très choquant. Ensuite, dans un second temps, on est dans une phase de souffrance et on est abordé pour une recherche de volonté éventuellement laissée par la personne de son vivant et donc là on est dans la souffrance. On nous parle de solidarité, d’un être cher qui est mort, pour qui on ne peut plus rien faire, mais qui donne une autre apparence".


"Osons en parler"

Car la vie tient alors à une machine. Oser en parler et donner son avis sur papier de son vivant facilite bien des choses. Chaque heure compte. "Malheureusement, les accidents arrivent dans la vie, rappelle Shahram Mashayekhi. Et donc, il est important qu’on se soit positionné pour, à un moment pareil, permettre à l’équipe médicale d’approcher la famille et de pouvoir rapidement prendre une décision, sans mettre la famille en détresse. Et de ne pas attendre trop longtemps, parce qu’au plus on attend dans une situation où malheureusement le pronostic est mauvais pour le patient, au plus on risque de voir une défaillance organe s’installer à cause de la situation".

Donner ses organes peut sauver huit personnes. Du cœur à la peau. 950 organes ont été transplantés en 2018 en Belgique.

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