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Voyages non-essentiels: les personnes vaccinées pourront-elles circuler plus librement?

 
 

Didier Reynders, commissaire européen à la justice et à la protection des consommateurs, était présent par visioconférence dans l’émission "C’est pas tous les jours dimanche". A la question de savoir si l’Europe va fermer les frontières, la réponse est négative.

Fermer les frontières pour éviter la propagation du coronavirus? Didier Reynders était présent par visioconférence dans "C’est pas tous les jours dimanche" pour répondre à cette question. Selon le commissaire européen, la réponse n’est pas noire ou blanche. "C’est beaucoup plus complexe que ça."

"Nous souhaitons maintenir la libre circulation à travers l’Union Européenne en tout cas d’abord des biens. Vous imaginez bien que les entreprises fonctionnent, elles doivent donc être approvisionnées." Cela touche aussi le secteur de la santé. "Nous avons une usine en Belgique qui fournit l’ensemble des vaccins un peu partout sur le territoire européen. Donc il y a une nécessité de maintenir les frontières ouvertes pour pas mal d’activités." Selon Didier Reynders, il ne faut pas non plus mettre les travailleurs transfrontaliers et les familles séparées par une frontière en difficulté.

Pour Didier Reynders, le point le plus important est de limiter les voyages non-essentiels. "Le débat qui est devant nous est de savoir ce que nous allons faire des vaccins? Une fois que des personnes seront vaccinées, est-ce que ça leur permettra de se déplacer encore plus facilement? Est-ce que ça laissera les autres dans l’obligation de passer des tests et de respecter des quarantaines?"

Instaurer un passeport de vaccination trop tôt serait source de frustration selon Charles Michel

"Si on devait dire demain que quelqu’un qui est vacciné peut se déplacer plus facilement, ce à quoi nous serons attentifs, c’est que les autres personnes puissent toujours aussi si c’est essentiel se déplacer à condition de respecter les tests et quarantaines," conclut Didier Reynders.

De son côté, le président du Conseil européen, Charles Michel, s'est dit favorable à un débat sur un certificat de vaccination contre le coronavirus dans les États membres de l'Union européenne. Toutefois, il souligne le danger de l'introduire trop rapidement. "Cela créerait une frustration gigantesque", a-t-il déclaré dimanche dans l'émission/débat "Buitenhof" de la chaîne publique néerlandaise NPO.

L'idée d'instaurer un passeport pour les vaccins a été mise sur la table en début de semaine par le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis. M. Mitsotakis, qui veut relancer l'important secteur du tourisme de son pays dès que possible après la crise liée à la pandémie, ne veut pas faire de la vaccination une condition explicite pour voyager. Toutefois, le Premier ministre grec fait valoir qu'une garantie de voyage sans entrave pourrait motiver les gens à opter pour un vaccin.

Charles Michel comprend qu'il s'agit d'une question sensible, car certains pourraient avoir l'impression que la vaccination deviendrait de facto obligatoire. "Mais ce n'est pas parce qu'un débat est compliqué ou sensible qu'il faut l'éviter", a-t-il nuancé dimanche.

Selon le président du Conseil européen, le vrai débat sera ouvert la semaine prochaine. Il y a déjà eu des discussions informelles entre dirigeants des pays de l'Union au cours des dernières semaines, a-t-il dit. Deux questions s'y sont posées, selon lui: "Sommes-nous d'accord avec le principe de l'introduction d'un certificat et, si nous sommes d'accord, quand est-ce approprié ?" Un tel passeport de vaccination exige que de nombreuses personnes aient déjà été vaccinées, a souligné M. Michel. "Si nous devions mettre cela en œuvre trop tôt, cela créerait une frustration gigantesque", a-t-il commenté.

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