Des gilets jaunes interpellés et privés de liberté quelques heures samedi à Bruxelles dénoncent leurs conditions de détention (vidéo)

Environ 400 gilets jaunes ont subi une arrestation administrative samedi lors de la manifestation à Bruxelles. Privés de liberté, ils ont été maintenus plusieurs heures dans les écuries de la caserne de la police fédérale à Etterbeek. Certains d'entre eux ont dénoncé leurs conditions de détention, filmant les lieux et publiant les images sur Facebook. Sur l'une des vidéos, l'auteur des images reproche un accès difficile aux toilettes ainsi qu'un toit qui laisse passer des gouttes alors qu'il pleut dehors.

"Nous nous sommes retrouvés encerclés par les forces de l'ordre, et un policier nous a dit qu'on allait tous être arretés administrativement", a assuré un manifestant via notre bouton orange Alertez-nous. "Nous avons été placés dans un genre d'écurie, toujours avec le colson dans le dos, et ce de 14h à 19h", a-t-il encore affirmé. "Debout, dans le froid, hommes, femmes de tous les âges avec juste une gaufre, une petite bouteille d'eau et un tour aux toilettes", a exprimé, quant à elle, Nancy qui a décrit sa détention administrative sur Facebook.

Sur les 400 arrestation administratives, seuls ceux qui pourront être identifiés comme des casseurs seront poursuivis judiciairement.


Qui a été arrêté administrativement et pourquoi?

De nombreuses arrestations ont eu lieu avant la mobilisation dans les gares, rue de la Loi et au square Ambiorix, où un groupe de manifestants flamands s'étaient donnés rendez-vous. Des gilets jaunes sont arrivés vers 11h00 par le parc du Cinquantenaire et se sont retrouvés confrontés à un premier barrage à l'entrée de la petite rue de la Loi, ce qui les a empêchés de rallier le rond-point Schuman. Après quelques tentatives de négociation infructueuses et un renfort des rangs policiers, les participants ont fait le tour par l'arrière de ce centre névralgique des institutions européennes et sont montés par la rue de la Loi jusqu'à la petite ceinture.

Dans le même temps, quelques affrontements ont eu lieu rue Montoyer. Ce second groupe a essayé sans succès de descendre vers le rond-point Schuman et s'est finalement rassemblé au carrefour Trône sur la petite ceinture. Les deux groupes se sont alors rejoints. Ils ont bloqué la circulation sur la petite ceinture entre les carrefours Trône et Arts-Loi.

Les deux groupes ont été encadrés distinctement par des policiers à pied et au moins cinq auto-pompes. Des pavés et de la peinture ont été lancés en direction du barrage de la rue Ducale. Les policiers ont alors répliqué avec de l'eau et des gaz. Les personnes désireuses de quitter la manifestation ont été autorisées à le faire après fichage de leur identité. Certains d'entre eux ont souligné qu'ils n'étaient pas d'accord avec les casseurs.

La police a resserré progressivement les rangs. Des manifestants ont reporté des coups durant ces avancées. Les personnes mobilisées ont été arrêtées une à une, mises au sol en rang puis montées dans les différents cars de police. Une partie du groupe situé vers Arts-Loi a réussi à s'échapper pour rejoindre par la petite ceinture le boulevard Botanique, le haut de la rue Neuve et le boulevard Albert II. De la casse a été constatée sur leur chemin. Une partie a été dispersée et une autre arrêtée. De nombreux manifestants se sont plaints de la répression policière qui a porté entrave à leur droit de manifester. Le déploiement policier était en effet massif et la police a rapidement coupé court à leur mobilisation. La police de Bruxelles-Ixelles s'est elle félicitée d'une bonne collaboration avec les services de secours, la police fédérale et d'autres zones de police.

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