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Jean-Claude Defossé dévoile le premier "Dossiers tabous" sur l’intégration en Belgique: "J’essaye de secouer le cocotier"

  • Jean-Claude Defossé présente le premier numéro des "Dossiers tabous"

  • Le magazine "Dossiers tabous" traitera ce soir de l'intégration, sur RTL-TVI

 
 
 

Après plusieurs années à l’écart des médias, Jean-Claude Defossé revient en force sur RTL TVi. Pour son grand retour, le journaliste d’investigation aborde le thème de l’intégration des immigrés. Un sujet chaud qui dérange.

Avec l'impertinence qui le caractérise, Jean-Claude Defossé a repris le chemin de l’investigation sociétale pour le tout nouveau magazine de RTL "Dossiers tabous". L’objectif est de s’attaquer sans concession à certains problèmes concrets qui constituent des épines dans les pieds de notre pays. 

Pour le premier numéro, intitulé "L’intégration en Belgique est un échec!", le journaliste a choisi une thématique particulièrement sensible. Alors que l’on célébrait les 50 ans de l’immigration marocaine et turque en Belgique l’année dernière, Jean-Claude Defossé pose les questions qui fâchent. L’intégration est-elle un échec ? Ou une réussite ? Et pourquoi ?

Pour y répondre, le reporter sonde les communautés turque et marocaine pour recueillir leurs impressions. Parallèlement à ces témoignages, il délivre aussi des statistiques inquiétantes. "Je ne prétends pas faire le tour d’une question aussi vaste et complexe en 53 minutes. Ce que j’essaye de faire, c’est de secouer le cocotier, et de dire de façon directe des choses qui tourmentent les gens des deux côtés", explique Jean-Claude Defossé, qui présente cette émission comme un cri d’alarme, sans viser de responsables, ni porter de jugements.

Plusieurs "cactus" pour les immigrés 

Au début du magazine, le journaliste énumère quelques exemples de réussite chez les gens issus de l’immigration: Fadila Laanan, Hakima Darhmouch ou encore Marouane Fellaini. Mais ces parcours positifs ne peuvent pas voiler les soucis d’intégration et les crispations entre les musulmans et non-musulmans qui tendent à prendre de l’ampleur, affirme le reporter, en se basant notamment sur une étude d’une chercheuse de l’UCL, Brigitte Maréchal. Il analyse ainsi avec sa vision propre plusieurs problèmes, des "cactus" comme il les appelle symboliquement, en matière de scolarité, de délinquance, de chômage ou encore de repli communautaire. Les ghettos, la discrimination à l’emploi, la justice parfois inégalitaire sont notamment pointés du doigt.

Concernant l’école, un professeur d’histoire d’une école bruxelloise avec 85% d’élèves d’origine maghrébine explique, par exemple, avoir des difficultés à enseigner la thèse de Darwin et de montrer des images de statues d’hommes ou de femmes nus à ses étudiants. Un professeur de gymnastique révèle, lui, avoir des soucis avec des filles de confession musulmane. "Elles refusent d’aller à la natation", confie-t-il.

"Les gens ont la trouille de parler !"

Si les témoignages sont nombreux, ce travail journalistique de longue haleine n’a pas forcément été facile à réaliser. Les langues ne se sont pas déliées facilement devant les caméras. "J’ai rencontré beaucoup de gens, mais très peu acceptaient de témoigner. Alors que l’on a manifesté pour la liberté d’expression, il existe un malaise. Les gens ont la trouille de parler", assure Jean-Claude Defossé. Plusieurs témoins, dont de nombreuses femmes, ont d’ailleurs demandé de garder leur anonymat. Ils veulent sortir du secret et des non-dits, tout en demandant de dissimuler leur visage. "J’ai une médecin qui avait accepté de témoigner à visage découvert et qui m’a sonné il y a une semaine pour qu’on la masque, car elle ne dormait plus depuis trois jours", assure le journaliste.

Le constat dressé par Jean-Claude Defossé est donc plutôt interpellant et risque de susciter des réactions. Mais le reporter refuse de taire une réalité, souvent dénoncée, selon lui, par les immigrés eux-mêmes.

Et, comme il le souligne, l’émission se termine sur une note plus légère. Le journaliste demande à un jeune homme s’il se sent bien intégré. Sa réponse est toute simple: "Moi ? Je suis Belge. Demandez ça à mes grands-parents !". De quoi démontrer que l’intégration est, finalement, un mot à significations multiples.




 

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