Alexandra Lamy et José Garcia présentent le film Chamboultout: "C’est une espèce de grande loupe sur l’amitié"

C’est le genre de film qui vous fait à la fois rire et pleurer. Celui qui vous laisse le sourire et en même temps plein de questions dans la tête. Chamboultout raconte l'histoire d'une famille dont la vie bascule du jour au lendemain à la suite d'un accident.

Alexandra Lamy et José Garcia étaient en direct dans le RTL Info 13 heures, pour présenter le film Chamboultout. 


Alix Battard: José Garcia, on savait déjà que vous étiez drôle. La preuve encore dans ce film. Alexandra Lamy, on savait que vous aviez une grande puissance dramatique. Vous avez un rôle très émouvant. Qu’est-ce que vous avez appris de vous dans ce film?

Alexandra Lamy: J’ai beaucoup aimé ce personnage, qui est tiré d’une histoire vraie. Ce que j’ai tiré de ça, c’est surtout qu'elle pense à elle. Parce qu’il y a un autre homme dans sa vie, qui est important aussi. Elle n’est pas seulement une mère, pas seulement une infirmière. C’est quelqu’un aussi qui pense à elle en tant que femme, parce que c’est important. Si moi je suis malheureuse, alors tout le monde est malheureux, parce que c’est quand même elle le pilier de la famille. Parfois, nous-mêmes on peut s’oublier, mais dans une situation aussi dure, elle pense quand même à elle.


A.B.: C’est donc l’histoire d’un couple à qui tout sourit. Et puis tout bascule…. Un bête accident. Et Fred, le mari, vous José Garcia perdez la vue et aussi la tête. On a du mal à imaginer que vous êtes un angoissé. Mais vous avez déjà eu peur, comme cela, que votre vie bascule?

José Garcia: Bien sûr, tout le temps. En plus je fais beaucoup de sport extrême, donc j’y pense tout le temps. Si ça s’appelle Chamboultout, c’est parce que c’est une femme qui a été chamboulée deux fois dans sa vie. La première parce que moi j’ai eu un accident, la deuxième, parce qu’elle a écrit un bouquin, où elle a raconté son histoire. Et tous ses amis se sont retrouvés pendant les vacances à lire ce livre. Elle les décrivait d’une certaine manière, mais elle n’avait pas mis les bons noms. Tout le monde s’identifie à un personnage qui n’est pas le sien. Et en même temps, les gens restent sur leurs petits problèmes, leur petite personnalité.


A.B.: Ça soulève plein de thèmes, le handicap, la jalousie, la tromperie, l’adultère… Ce sont vraiment des thèmes qui vous chamboulent?

J.G.: Oui, ou qui chamboulent les autres. C’est aussi une espèce de grande loupe sur l’amitié. Comment vous arrivez à rester ensemble… Malgré le cabossage qu’on s’est pris, ils restent tous unis, les enfants jouent avec moi qui suis non-voyant.


A.B.: Comment avez-vous vécu cette expérience de vivre dans le noir? Vous avez joué les yeux fermés?

J.G.: Non, c’est plus complexe que ça. Il faut être capable de garder une image en permanence, de la garder toute la journée, de jouer quand même et d’être capable de parler avec les autres tout en gardant la concentration sur une image. C’est fatiguant, mais l’expérience est géniale, unique.


A.B.: Alexandra Lamy, vous jouez cette femme courage qui se doit de porter sa famille à bout de bras, alors que son mari n’est plus le même. J’imagine que vous vous êtes demandé ce que vous auriez fait à sa place? 

A.L.: Je pense qu’au fond de nous on a tous ça, surtout pour les mamans. Je pense qu’au fond de nous, on a ça. On a cette force-là. En revanche, de ne pas s’oublier, ça c’est très fort.


A.B.: En fait, vous jouez presque face à un enfant. Puisque suite à cet accident, José Garcia, vous êtes totalement désinhibé. Vous dites tout ce qui vous passe par la tête. On se dit que c’est triste de perdre, en grandissant, cette capacité-là...

J.G.: Il peut toujours se passer plein de choses après de tels chocs. En l’occurrence, il a perdu la vue, mais il a gardé toute sa mémoire. Il a toujours l’impression qu’il a le même poste, qu’il travaille dans la finance. Le fait d’être sans filtre, c’est aussi parce que ce personnage a toujours l’impression d’avoir faim. Et en fait il a une vraie nécessité de manger. Et il a une mémoire immédiate qui est effacée. Toutes les cinq secondes, même s’il sort de table, il a l’impression qu’il n’a toujours pas mangé.

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