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Nathalie a photographié une libellule déprimée à Braine-le-Comte: comment la reconnaît-on? (photos)

Nathalie a photographié une libellule déprimée à Braine-le-Comte: comment la reconnaît-on? (photos)
©Alertez-nous - Nathalie Drossart

L’été est propice à l’observation de la nature. Sur vos balcons, dans vos jardins, et même à l’intérieur de vos maisons, vous remarquez diverses espèces, et vous nous soumettez vos photos via le bouton orange Alertez-nous. Avec les spécialistes, nous les identifions, et vous faisons découvrir toute la diversité de la faune avec laquelle nous cohabitons parfois sans même le savoir. Chaque semaine, découvrez les trouvailles des lecteurs de RTL INFO.

Nathalie a photographié cette libellule dans son jardin à Braine-le-Comte, dans le Hainaut. Il ne s'agit pas d'une espèce rare, et elle s'observe assez facilement pendant les beaux jours: il s'agit de la Libellule déprimée. Et si on dit d'elle qu'elle est déprimée, ce n'est pas parce qu'elle traverse une mauvaise passe: son nom, Libellula depressa, vient du latin depressus, et cela fait référence à la forme large et aplatie de son abdomen.


Pendant quelques temps, les mâles ont la couleur des femelles

Comment la reconnaît-on? La couleur, lorsqu'on souhaite identifier un insecte, n'est pas toujours un critère fiable. Et pour cause: selon leur sexe, ou leur stade de développement, des insectes d'une même espèce peuvent afficher des couleurs différentes. De manière générale, chez les libellules, les femelles sont brun doré, et les mâles sont plus colorés… mais pas tout de suite, nous explique Vincent Louwette, guide nature chez Natagora et spécialiste, notamment, des insectes: "Les mâles matures sont bleus, mais quand ils sortent de leur exuvie [l'enveloppe qu'ils perdent après être sortis de l'eau, ndlr], pendant quelques temps ils sont vêtus des couleurs d'une femelle. L'adulte doit sécher, les pigments doivent arriver à maturité. Certaines autres libellules sont mauves, pour devenir bleues après".


©Pixabay - La libellule déprimée mâle
 

4 taches qui ne trompent pas

Ce qui permet à un entomologiste [une personne qui étudie les insectes, ndlr] d'être sûr qu'il s'agit de la Libellule déprimée, ce sont les taches sur ses ailes: "On les voit bien sur cette photo, ces 4 taches sombres à la base de l'aile". Compte tenu de sa couleur, le spécimen photographié par Nathalie est donc soit d'une femelle, soit un mâle encore très jeune.


 
Le mâle passe sa journée à quadriller la mare

On peut donc observer cet insecte durant les beaux jours à l'état adulte, dans des milieux divers mais plus particulièrement à proximité des points d'eau: "Les mâles vont vraiment s'accaparer les plans d'eau et contrôler les "entrants". Si c'est un congénère de même sexe, il y a bataille, si c'est une femelle, il y a accouplement", explique Vincent Louwette. Il s'agit d'un comportement qu'on qualifie de "territorial": "Si on regarde un plan d'eau, on va voir qu'une libellule mâle posée sur un roseau, par exemple, va s'envoler, quadriller la mare, puis revenir à son point de départ. Elle va passer sa journée à faire ça".


Des larves trapues

Il arrive aussi que les libellules tracent leur chemin loin des mares et des étangs, et ce notamment pour coloniser de nouveaux points d'eau. C'est là que se passe la reproduction. "La libellule va pondre des larves assez trapues. Ces larves vont en général, au minimum, rester un an dans l'eau", précise le spécialiste. Les larves, comme les adultes, sont carnivores: les premières se nourriront de larves d'autres insectes, de vers et de petits crustacés. Les secondes, de moustiques, papillons ou autres abeilles.

C'est la raison pour laquelle, lorsqu'on a la chance d'avoir une mare dans son jardin, il faut penser à laisser quelques mètres carrés de hautes herbes en périphérie pour permettre l'accueil des insectes, insiste Vincent Louwette: "Parfois on voit des mares complètement vides, il n'y a rien qui ressort, et on voit une pauvre libellule qui tourne, qui tourne, qui ne sait même pas se poser".

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