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Une trentaine de bovins saisis chez un couple âgé d'éleveurs à Manhay: "C'est la ferme de la honte"

Une trentaine de bovins saisis chez un couple âgé d'éleveurs à Manhay:
(c)RTL INFO

La saisie d'une trentaine de bovins a eu lieu ce mardi dans le petit village de Deux Rys dans la province du Luxembourg après que l'Afsca et le parquet ont constaté des faits de maltraitances animales il y a un peu moins de deux semaines. Les habitants, un couple âgé, de cette ferme ont été expulsés suite à l'insalubrité des lieux. Ces faits constituent l'aboutissement de 19 ans de lutte des voisins qui se sont dernièrement accélérés grâce à l'intervention d'une association.

Ce mardi, des habitants de Deux Rys, village de la commune de Manhay en province de Luxembourg, ne cachaient pas leur bonheur. "On est soulagé avec ma femme!", clamait André Michaux, un des voisins de la ferme où ont été saisis une trentaine de bovins à l'occasion d'une descente de police survenue ce matin. Après 19 ans de combat, des voisins de la ferme ont réussi à mettre un point final à la "ferme de la honte", les habitants des lieux ayant été eux-mêmes expulsés ce matin. Derrière ce nom se cachent Albert, 80 ans et sa femme Lucienne, 79 ans. Ce couple d'éleveurs est accusé de maltraitance animale.


19 ans de plainte

À l'origine de cette fermeture, on retrouve l'ASBL Générosité pour les sans voix. Active depuis bientôt un an en Belgique, cette petite association liégeoise a reçu un appel à l'aide de la part des habitants de Deux Rys il y a environ un mois. "Cela fait 19 ans que les premières plaintes ont vu le jour. Depuis, la commune a reçu 19 dossiers de plaintes, mais rien ne bougeait", affirme Logan Putzeyse, le président de l'association. Deux membres de l'association ont décidé de se rendre sur place. "On a rapidement remarqué que ça ne pouvait plus durer. Les bovins vivaient dans le fumier. Certains étaient même traînés par les cornes parce qu’ils s’embourbaient dedans. Ils avaient tous des traces de maltraitances. Le propriétaire a même enterré une de ses vaches sous le fumier", assure le président.


Une pétition de 23.000 signatures

Face à la situation, Logan Putzeyse a décidé de lancer une pétition en ligne. Celle-ci a très vite rencontré un grand succès : "On a récolté 23.000 signatures en approximativement 10 jours, c’est extraordinaire pour une pétition locale", se félicite monsieur Putzeyse. Avec l'appui fort de ce grand nombre de signature, l'association s'est présentée devant le bourgmestre, Marc Generet qui a décidé de prendre les choses en main.


"Albert et sa femme étaient passés dans l’émission Strip-Tease"

Il y a deux semaines, André Michaux a été heureux de voir que la situation semblait bouger dans l'élevage voisin: "Ils ont reçu la visite de l’Unité du bien-être animal, du bourgmestre et du parquet", se souvient-il. André et sa femme savaient ce que les inspecteurs allaient trouver dans la ferme: "De la bouse coule dans mon jardin depuis trop longtemps. La puanteur que leur élevage dégage est insoutenable. Une de ses vaches mortes se décomposait sous le fumier. Albert et sa femme étaient passés dans l’émission Strip-Tease au début des années 2000. On pouvait déjà voir à quoi ressemblait l’élevage, c’était dégueulasse", raconte André.


La rue bloquée par la police

Enfin ce mardi, après 19 ans, André s'est levé avec le sourire en voyant que "deux gros camions et une grosse remorque venaient chercher les bovins." Depuis lors, "la police bloque la rue et la protection civile est présente pour chercher d’autres bovins enterrés sous le terrain", ajoute André. Une observation confirmée par notre journaliste sur place qui ne pouvait accéder à la ferme.

"On espère que les éleveurs seront relogés et que les animaux seront accueillis dans de meilleures structure", espère pour sa part l'association Générosité pour les sans voix. "Nous ne savons pas encore si les bovins seront abattus ou non, j’espère qu’une solution sera trouvée pour qu’ils restent en vie", espérait Logan. Le parquet a indiqué que les bêtes en trop mauvais état seraient euthanasiées. 

Lors de l'interpellation, l'éleveur Albert Mercier se serait révolté. "Nous avions prévu de l'interpeller s'il opposait une quelconque résistance", a déclaré le parquet de Neufchâteau. Selon André le voisin, le vieil homme a bel et bien été menotté et emmené dans un fourgon de la police.

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