Toutes les voitures devraient avoir les énormes écrans tactiles de ce SUV, même si… (photos)

Toutes les voitures devraient avoir les énormes écrans tactiles de ce SUV, même si… (photos)
range rover, velar

Quand on voit les prix largement décroissants des puces qui animent nos smartphones, tout comme les écrans de plus en plus grands qui affichent de plus en plus de pixels, on est en droit de se demander pourquoi l'industrie automobile semble autant à la traîne.

Dans une voiture à 20.000€, est-il trop demander que d'avoir plusieurs écrans tactiles, de préférence grands et fluides grâce à des puces rapides et puissantes ?

Un smartphone à 300€ est tout-à-fait capable d'afficher la navigation de Waze ou Google Maps, tout en diffusant de la musique via Spotify. Sans le moindre ralentissement. Pourquoi des systèmes embarqués facturés en options parfois plus de 3.000€ ne le font pas ?

Ne voyons pas tout en noir: il y a des améliorations un peu partout. A l'intérieur de la Velar, par exemple. Le nouveau SUV de Range Rover se range entre l'Evoque et la Sport. On s'est dit qu'il fallait jeter un œil à cette prolifération d'écrans dans l'habitacle. Et on n'a pas été déçu (enfin si, un peu).

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Deux écrans, deux fonctions différentes

Touch Pro Duo

Tout est dans le nom du "nouveau système de double écran tactile" de Range Rover, qui est de série sur la Velar, dont le prix de départ est fixé à 57.000€.

Le premier écran tactile situé juste à droite du volant est plus classique. Très bien intégré dans la planche de bord très design et épurée de la Velar, il pivote légèrement à l'allumage. D'un format très horizontal, il affiche par défaut l'écran d'accueil, divisé en trois zones très sobres (raccourci navigation, source audio et téléphone) et limitée à du texte. C'est un peu ennuyeux.

L'infotainment de Jaguar Land Rover, depuis quelques années, permet de personnaliser plusieurs écrans à la manière des widgets d'un smartphone Android. L'idée est bonne mais pas assez bien exploitée. Nous sommes parvenus à mettre un raccourci permettant d'appeler directement un contact favori, mais pas un raccourci lançant la navigation vers une destination favorite. Dommage. Quant à la cartographie, elle n'est pas mauvaise, mais on a déjà connu nettement plus agréable et intelligent.

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Quand le haut s'occupe de la musique ou de la navigation, le bas peut s'occuper des massages...

Une belle idée, ce second écran

En réalité, ce qui nous a plu davantage, et ce qui fait la particularité de la Velar, c'est le second écran tactile, situé sous l'écran principal, là où se trouvent habituellement une vingtaine de boutons et de commandes permettant de contrôler à peu près tout, de la climatisation à la hauteur de suspension. A la place, il y a un grand écran tactile, donc, mais également deux roues de commande qui adaptent leur utilité à la fonction en cours d'affichage, à savoir de gauche à droite: climatisation, sièges, réglages du véhicule, paramètres de l'écran. 

Par exemple, quand vous êtes sur l'onglet clim', vous réglez la zone avec l'écran tactile, et la température avec la roulette. Quand vous êtes sur l'onglet siège, vous réglez l'intensité de la chaleur ou des massages (options…). C'est bien, c'est intelligent, c'est une bonne idée.

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Si on prend en compte le HUD au-dessus du volant, il y a finalement 4 affichages numériques dans la Velar...

Conclusions

Pourquoi se limiter à un écran tactile quand on peut en mettre deux, qui plus est si le deuxième s'adapte intelligemment à sa position un peu basse en ajoutant des commandes physiques sous forme de roulettes ?

Land Rover a tapé juste et son innovation devrait inspirer tous les constructeurs, vu les prix devenus abordables des écrans tactiles et des puces informatiques qui les dirigent. En 2018, il nous semble qu'on est en droit d'exiger dans les voitures neuves, vendues souvent plusieurs dizaines de milliers d'euros, plusieurs écrans tactiles et des interfaces rapides et intelligentes.

Le 'Touch Pro Duo' est d'ailleurs complété par un grand écran LCD derrière le volant qui peut lui aussi afficher au choix, entre les deux compteurs numériques: la cartographie, la musique, la téléphonie, les réglages. La carte peut également occuper tout l'espace de cet écran. N'oublions pas non plus le HUD (head up display), un petit projecteur qui affiche dans le parebrise le dernier panneau de limitation de vitesse croisé, la vitesse actuelle, les instructions de navigation.

Bref, c'est presque nickel, mais il y a quelques défauts. Tout d'abord, pas de CarPlay ni d'Android Auto. Si vous branchez un smartphone compatible (les nôtres ne l'étaient pas), vous pourrez utiliser quelques applications via l'application maison de Land Rover à télécharger préalablement (avec création d'un compte, etc). C'est peu pratique, et c'est dommage d'imposer une interface maison assez verrouillée. Mais on le sait, il y a des considérations sécuritaires à prendre en compte (les constructeurs doivent valider les systèmes intégrés, et ça prend beaucoup de temps…).

Autre défaut: la connectivité est limitée au port pour carte SIM, qui était vide dans notre modèle de test. Impossible d'utiliser la connexion 4G du smartphone connecté en Bluetooth, hélas, à moins de mettre son téléphone en partage de connexion à chaque fois qu'on entre dans sa voiture, et d'utiliser la connexion Wi-Fi de la voiture. Ce serait très fastidieux.

Enfin, et c'est le plus gros défaut du système de Land Rover: la fluidité générale de l'interface n'est pas au rendez-vous. Comptez une bonne demi-seconde entre une pression et une réaction… C'est assez paradoxal: ces systèmes doivent respecter un tas de règles pour la sécurité au volant, alors que le manque de rapidité et de réactivité d'une interface oblige à bien regarder tout ce qu'on fait, tout ce qu'on touche…


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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