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"La Chine est le pays qui pratique le plus la peine de mort": fallait-il envoyer les athlètes belges aux Jeux Olympiques de Pékin?

 
 

Les Jeux Olympiques d’hiver de Pékin, reconnus officiellement comme la 24e édition, se sont officiellement ouverts ce vendredi.

Des Jeux qui s’ouvrent dans un tourbillon de polémiques et de boycotts diplomatiques. En effet, la Chine est pointée du doigt pour sa mauvaise politique des Droits humains avec la répression des Ouïghours, cette minorité musulmanes de la province du Xinjang, qui sont arrêtés et enfermés dans des « camps de rééducations » afin de leur inculquer de force les valeurs du tout puissant parti unique. Certaines organisations internationales parlent tout bonnement d’un génocide.

Invité sur le plateau de l’émission C’est pas tous les jours dimanche, Daniel Salvatore Schiffer est philosophe, auteur et porte-parole francophone du comité international contre la peine de mort. Pour lui, il y a plusieurs raisons de boycotter les Jeux de Pékin : "Des raisons éthiques, morales, politiques et écologiques", argue-t-il et rappelle que "la Chine est une dictature avec un seul parti, le parti communiste, et c’est aussi le pays qui applique le plus la peine de mort au monde. Entre 1000 et 10.000 morts par an pour des 'opposants' au régime."

Des peines de mort particulièrement arbitraires et cruelles selon lui. "Les excusions se passent dans des stades, le condamné se met à genou et un policier lui tire une balle dans la nuque ou dans le cerveau. C’est la famille du condamné qui doit payer la balle."

Pour le porte-parole francophone du comité international contre la peine de mort, le boycott de la compétition devait être une évidence même s’il "n’en veux pas du tout aux athlètes" mais bien "aux politiques et au Comité International Olympique (CIO)" qui a désigné la capitale chinoise comme ville hôte de ces Jeux. Par contre, "ne pas élever la voix et aller là comme si de rien n’était, bien sûr que c’est une forme de complicité", ajoute Daniel Salvatore Schiffer à l’intention des athlètes.

En direct sur le plateau depuis l’autre bout de la planète, Antoine Bolly, Belge expatrié en Chine, ne partage pas du tout cet avis. "Je vis en Chine depuis 10 ans et je vis parfaitement librement". Antoine "pense que les Chinois sont des gens positifs qui regardent les choses vers l’avant", et avance que le gouvernement chinois a réussi son défi d’offrir la possibilité à 300 millions de Chinois de s’essayer aux sports d’hiver.

Également présente sur le plateau de l’émission, Valérie Glatigny, ministre des Sports de la Fédération Wallonie-Bruxelles, a tenu à défendre le point de vue de la Belgique d’avoir envoyé ses athlètes malgré les polémiques et assure que "nous sommes très préoccupés par les droits humains en Chine". Pour la ministre, "il était important pour nos athlètes d’y aller", rappelant que "certains s’entraînent depuis 10 ans, c’est l’aboutissement d’une carrière".

Malgré que ce soit une réalité difficile à accepter, le sport et la politique sont toujours intimement liés. Surtout lorsqu’il s’agit du rayonnement de l’image d’un pays à l’international. Un autre exemple flagrant est l’attribution frauduleuse de la Coupe du monde de football au Qatar dans laquelle d’innombrables pots de vin ont été versé et qui a bénéficié de l’appuis de politiciens tels que Nicolas Sarkozy (même si la présomption d’innocence est encore d’application).

La ministre Glatigny conclut en espérant que les athlètes puissent se concentrer sur leurs performances et surtout, elle "pense que les athlètes ne doivent pas être les esclaves de la politique."


 

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