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6 jeunes nouveaux députés évoquent leurs priorités: voici lesquelles

Propositions

Les élections régionales et fédérales du 26 mai dernier ont propulsé dans les assemblées de nouveaux jeunes députés. Avec eux, évidemment, de nouvelles propositions, et peut-être un vent frais dans leurs partis respectifs. Ils sont venus évoquer leurs idées et opinions sur le plateau de "C’est pas tous les jours dimanche".

Ils ont entre 26 et 34 ans et ils sont les nouveaux visages des partis politiques. Que pensent-ils des relations entre la Flandre, Bruxelles et la Wallonie? Que pensent-ils de l’avenir de la Belgique et quelle est leur vision, en tant que jeunes élus, de l’état actuel des négociations aux différents niveaux de pouvoir?

Ils ont chacun évoqué les mesures et idées qu'ils aimeraient mettre en place. "Je pense que nous avons un réel problème en termes de mobilité", estime Julien Matagne député wallon cdH. "Ça touche l’environnement mais aussi les entreprises. J’aimerais rendre la mobilité beaucoup plus efficace." Pour lui, il faut augmenter les initiatives telles que la mise en place des bandes de covoiturage.

Rachel Sobry, députée wallonne MR, veut miser sur les jeunes. "Les jeunes c’est l’avenir. Moi c’est surtout sur l’enseignement et la formation que j’ai envie de travailler. Travailler beaucoup plus en synergie, sur la formation et l’enseignement, pour que ça soit plus adapté au marché du travail."


Réformer Bruxelles

Gilles Verstraeten est lui député bruxellois N-VA. Il veut simplifier les choses à Bruxelles. "Parce qu’on a 19 communes, 19 CPAS, 6 zones de police qui sont autonomes. On n’arrive pas à former une politique cohérente pour Bruxelles."

Caroline De Bock, députée bruxelloise, insiste, elle, sur une mesure de son parti, le PTB. "Les transports publics gratuits. C’est fondamental pour des raisons de qualité de l’air, d’environnement… C’est déjà en pratique dans une dizaine de villes en Europe. Franchement, qu’est-ce qu’on attend?" La députée fédérale socialiste Mélissa Hanus veut aller plus loin. "On a aussi des projets à mettre en place. Par exemple, c’est de développer la mobilité ferroviaire et l’offre SNCB en province de Luxembourg."

Enfin, le logement reste au cœur des priorités d’Ecolo, selon Marie Lecocq, députée à Bruxelles. "C’est un droit fondamental. On a un bâti qui est vieillissant. Cela pose des questions en termes d’isolation et aussi de prix des loyers. C’est un enjeu super important à Bruxelles".


Leurs avis sur les négociations en cours 

Le débat s’est également concentré sur les différentes négociations en cours, dans les différents niveaux de pouvoir. Notamment à Bruxelles, où le PS va entamer les négociations avec Défi et Ecolo. Les verts sont pour l’instants très discrets. "On est silencieux parce que ce n’est pas nous qui avons la main", se défend l'écolo Marie Lecocq. "C’est le PS qui fait ses choix et qui consulte pour le moment. Pour nous le constat est clair, il y a une urgence climatique et une urgence sociale. On verra bien qui sera prêt à prendre des réformes." Elle regrette que le cdH et le PTB se soient retirés des négociations.

Pour le PTB justement, la députée bruxelloise Caroline De Bock estime que son parti n’a pas été entendu. "Dans les négociations, on est arrivés avec des mesures sociales et écologiques fortes. Et de facto, à Bruxelles on a été exclus. Je regrette que le PS et Ecolo aient choisi de s’allier avec Défi. Un parti qui s’oppose à un encadrement des loyers, à des transports publics gratuits, sans avoir donné un retour sur la note de négociation qu’on avait proposée."

J’ai l’impression qu’il y a eu maldonne du côté du PTB

Ce sont ensuite les négociations en Wallonie qui ont été évoquées. Le PS pourrait s’allier avec le MR, et peut-être Ecolo. "On voudrait la coalition la plus progressiste possible", évoque la socialiste Mélissa Hanus. Elle regrette par contre que le PTB ait décidé d’arrêter les négociations. "Les informateurs fédéraux ont choisi de ne pas rencontrer les extrêmes. J’ai l’impression qu’il y a eu maldonne du côté du PTB. Ils ont cru peut-être, au niveau wallon, que c’était de notre faute. Alors qu’il y avait vraiment une démarche authentique et sincère vis-à-vis du PTB. La porte est toujours ouverte et j’espère qu’on va pouvoir réussir à relancer le dialogue."

Le cdH est lui aussi hors-jeu en Wallonie, depuis la décision du parti de siéger dans l’opposition. Julien Matagne répète une fois encore la position de son parti: "Le cdH doit faire face à une défaite. Ce n’est pas une question d’émotion, mais c’est une question de respect de l’électeur. On ne sera pas assez forts pour développer notre programme."

Du côté du MR, pas d’inquiétude de tout d’un coup se retrouver dans l’opposition, selon Rachel Sobry. "Je trouve surtout qu’on dit beaucoup de choses pendant cette période de négociations. Le citoyen a de plus en plus de mal à lire le jeu institutionnel et c’est dommage. Si c’est être dans l’opposition, ça sera comme ça, mais ce qu’on souhaite c’est d’être dans la majorité."


"On a des autres solutions pour le pays que le PS et le PTB"

Comment voit-on ces discussions de l’extérieur, du côté flamand? Le député bruxellois N-VA Gilles Verstraeten ne veut pas trop s'avancer. "Je ne veux pas trop donner de commentaires sur la formation d’un gouvernement en Wallonie. On a des autres solutions pour le pays que le PS et le PTB, mais c’est la démocratie wallonne". Et c’est bien entendu, au niveau fédéral, le confédéralisme.

Mélissa Hanus n’est pas d’accord. "Ce n’est pas la solution. Ce n’est pas parce que les informateurs n’ont pas fini leur boulot et qu’il n’y a pas encore de solution qu’il faut déjà revenir avec le confédéralisme. Les questions qui ont touché les citoyens, ce sont les questions sociales et environnementales. Il faut arrêter d’occulter le débat."

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