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Alex et d'autres 'runners' se rassemblent pour rouler à 200 km/h sur la voie publique: "Quand les gens voient arriver quelqu'un rapidement, ils devraient se décaler"

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  • Courses de rues: des témoins parlent

 

L'émission dominicale de RTL-TVI a évoqué les 'runners', ces personnes en Belgique qui se rassemblent le vendredi soir par exemple, sur des autoroutes, pour faire des courses entre eux, au milieu de la circulation.

Alex était l'invité de l'émission "C'est pas tous les jours dimanche". A visage couvert, dans un studio annexe, il a accepté de témoigner.

Tous les vendredis soir, il décide, avec d'autres runners, de l'endroit où il ira "faire de la vitesse". Ensemble, ils franchissent allègrement les 200 km/h en se dépassant sur l'autoroute.

"Pourquoi faites-vous ça ?", lui a demandé Christophe Deborsu. "On essaie de faire découvrir notre passion. C'est une passion pour la vitesse, et nous n'avons pas les moyens d'aller sur circuit. Et encore: on a des voitures qui font énormément de décibels (bruit des pots d'échappement) donc à la fin on se fait virer du circuit", a-t-il répondu. 

Du coup, vous êtes obligés de le faire sur la voie publique ? "On essaie de ne pas le faire sur la voie publique, car c'est dangereux pour les autres usagers. On le fait quand même, à nos risques, mais aussi au risque des autres. On aimerait avoir notre propre endroit. On ne cherche pas l'illégalité. Si on avait une route pour nous, on ne s'amuserait plus à faire autant de dangers sur l'autoroute. Sûr et certain".

Quand ils sont ensemble: "On fait la course entre nous, ceux qui sont au rassemblement, pas avec les autres personnes".

Vous vous faites parfois flasher ? "De temps en temps, mais c'est très rare. Je ne me suis jamais fait retirer mon permis. L'application Coyote permet de savoir s'il y a des contrôles".

Sa voiture, c'est "une Golf toute simple, rabaissée, avec des jantes".

Confronté au message d'une maman qui a perdu sa fille à cause d'une course du même genre sur la voie publique, Alex réagit et choque, en disant que les gens devraient faire attention à ceux qui roulent plus vite. "C'est vrai qu'il y a beaucoup de gens qui ne font pas attention. Quand ils voient arriver une voiture assez rapidement derrière eux, il faudrait quand même se décaler".

Un plateau en partie choqué

En plateau, bien entendu, un inspecteur de police s'indigne, tout comme une responsable politique bruxelloise, "choquée". Ces comportements sont qualifiés de dangereux et inciviques. 

"Chaque fois qu’il y a un accident mortel, c’est une mère, un père, un enfant qui ne rentre plus jamais à la maison. Et donc c’est clair que ce genre de comportements est illégal, incivique et suicidaire parce que ce n’est pas uniquement sa propre vie qu’on met en danger, c’est aussi la vie des autres usagers de la route", éclaire Bianca De Baets, secrétaire d'Etat bruxelloise à la Sécurité routière.

Des mesures sont prises: la région bruxelloise a alloué des fonds pour mieux équiper la police, y compris avec des radars flexibles et des véhicules d'intervention rapides.

Les profils des runners sont multiples: homme ou femme, riche ou pauvre. Leur passion, leur sport, c'est la vitesse… Ils seraient "des milliers" en Belgique, d'après un ancien runner invité dans l'émission.

La solution qu'ils souhaitent, ce serait d'accueillir ces passionnés sur des circuits, des zonings fermés, avec des prix démocratiques. Il n'y a pas encore d'options chez nous, alors qu'elles existent en France ou en Allemagne.

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