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Amal Tahir, activiste féministe: "Je suis une femme, donc quand je suis dans la rue, je me fais harceler" (vidéo)

 
 

La parole des femmes se libère en Belgique. Il y a un mois, de jeunes Bruxelloises dévoilaient avoir été victimes d'abus sexuels ou droguées à leur insu dans des bars. Depuis, de plus en plus de témoignages accablants sont partagés sur les réseaux sociaux... et pas seulement dans notre capitale, mais aussi à Liège ou à Gand.

Vendredi, des centaines de personnes ont défilé dans les rues en appelant au boycott du monde de la nuit. Quelle est la responsabilité réelle des établissements ? Comment les rendre plus sûrs ?

Amal Tahir, sexologue et porte-parole de l'Union féministe inclusive et autogérée (Ufia), explique qu'il faut "toucher les gens dans leur portefeuille pour leur faire comprendre qu'il y a un problème systémique. Les femmes subissent des violences systémiques. Cela veut dire que les femmes se font agresser partout: dans leur foyer, dans la rue, à l'école, au travail. Certes, là, on a touché au portefeuille des bars, du monde de l'horeca, mais le but est de sensibiliser tout le monde à ces violences qui sont faites continuellement", dit Amal Tahir.

La porte-parole de l'Ufia raconte ce qu'elle vit régulièrement dans la rue ou dans les bars.

"Je suis une femme. Donc il est évident que quand je suis dans la rue, je me fais harceler. On dirait qu'on n'a pas notre place dans l'espace public. On a l'impression que certains hommes vont prendre toute la place dans l'espace public. Ils vont klaxonner, faire des avances parfois extrêmes et nous sexualiser très rapidement en fait".

Amal Tahir aimerait qu'il y ait une personne responsable dans le milieu de la nuit qui puisse intervenir lorsqu'une femme se fait harceler. L'activiste précise aussi qu'il faut une sensibilisation concernant la drogue dans les établissements. "Depuis que j'ai 18 ans, mes parents me rappellent de faire attention à mon verre donc c'est qu'on sait qu'il y a un problème".


Frederic Da Soghe, président de la section bar et vie nocturne de la fédération horeca à Bruxelles, a expliqué que les bars doivent être des endroits safe. À l'opposé de l'action de boycotter les bars, il encourage les filles à sortir et à dénoncer les agressions. "Montrer ce qui ne va pas."

Amal Tahir continuera à manifester "tant que les femmes se feront violer".


 




 

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