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500 millions pour l'Horeca: voici le détail de l'aide fédérale et les indemnisations pour les cafés et restaurants en Wallonie (vidéo)

 
CORONAVIRUS
 

Des aides ont été promises au secteur Horeca pour l'aider à se maintenir à flot. Willy Borsus, ministre wallon de l'Economie (MR), a livré quelques détails sur ces futures indemnisations pour les cafés et restaurants du sud du pays. Les ministres fédéraux Pierres-Yves Dermagne et David Clarinval ont également donné des précisions sur les 500 millions débloqués par le gouvernement fédéral.

Un secteur durement touché

Des réunions ont eu lieu ce dimanche matin entre des représentants du secteur de l'horeca, des traiteurs, des exploitants de night clubs, de l'événementiel, de la culture et des forains et les ministres fédéraux Pierres-Yves Dermagne (Economie et Travail) et David Clarinval (Classes moyennes, Indépendants, PME, Agriculture), ainsi que des représentants du cabinet Vandenbroucke (Santé) et Van Peteghem (Finances).

Ces secteurs sont en effet les principaux impactés par le nouveau tour de vis annoncé vendredi à l'issue d'un Comité de concertation, pour lutter contre la propagation du coronavirus: fermeture des cafés et restaurants pendant quatre semaines, interdiction des réceptions et banquets sauf exceptions (hôtels et funérailles), limitation des rassemblements privés à 4 personnes, couvre-feu entre 24h00 et 5h00, etc.

Le fédéral avait déjà annoncé, vendredi, accompagner les nouvelles mesures d'une "enveloppe spéciale" de 500 millions d'euros. Restait à expliquer ce que ce demi-milliard allait précisément financer.

A quoi vont servir les 500 millions d'euros du fédéral?

Une part servira à revoir à la hausse le droit passerelle de crise, ce qui passera par un projet de loi qui est en cours de rédaction, informent dans l'après-midi les cabinets de David Clarinval et Pierre-Yves Dermagne. Les montants passeront à 2.583,38 euros par mois pour un indépendant isolé (contre 1.291,69 euros aujourd'hui) et 3.228,20 euros pour ceux ayant des personnes à charge (contre 1.614,10 euros).

Une autre part servira au prolongement de deux mois, jusqu'à fin décembre, du droit passerelle "de soutien à la reprise". Cette aide est destinée aux professionnels des secteurs qui tentent de reprendre après avoir été forcés de fermer partiellement ou totalement, et qui ont subi une baisse significative de leur chiffre d'affaires ou de leurs commandes.

Finalement, le gouvernement s'engage à contribuer au paiement de primes de fin d'année complètes pour tout travailleur de l'horeca, selon un mécanisme encore à définir.

L'exonération du paiement des cotisations patronales ONSS du troisième trimestre 2020, pour les entreprises et indépendants qui doivent fermer, complète le dispositif.

Matthias De Caluwe, CEO de la Fédération Horeca flamande, avait salué à sa sortie de réunion "l'exonération de l'ONSS et la participation de l'Etat aux primes de fin d'année", des mesures "importantes qui font qu'on évite l'épuisement du cash". "Le doublement du droit passerelle de crise, en remplacement de revenu, donne aussi un peu d'oxygène. Nous allons regarder ce que cela nous apporte au total et ce qui est nécessaire en plus". Les fédérations horeca ne perdent pas de vue qu'il faudra ensuite discuter des soutiens sur l'année 2021, car "même si on rouvre, il y aura encore un manque de capacité" par rapport à la normale, pointe Matthias De Caluwe.

Willy Borsus détaille les mesures pour la Wallonie

Quid de la Wallonie? Willy Borsus, ministre wallon de l'Economie (MR), a livré quelques détails sur ces futures indemnisations: "On a déjà mobilisé rien que pour les aides environ 508 millions d'euros antérieurement", a-t-il déclaré dans l'émission C'est pas tous les jours dimanche (RTL-TVI). "La proposition que j'ai mis sur la table tient compte de paliers en fonction de la taille de l'entreprise avec une intervention qui pourrait dépasser les 100 millions d'euros mais la discussion doit être finalisée avec les collègues du gouvernement. Si vous êtes seul sans personnel: 3.500 euros. Si vous êtes une structure plus importante, il y a chaque fois des paliers qui nous amènent au-delà des 10.000 euros. Nettement en-deçà des chiffres flamands? Pas sûr...".

Bruxelles et Flandre

A Bruxelles, on devrait s'aligner sur la prime déjà apportée aux bars fermés depuis le 8 octobre. "Le gouvernement bruxellois a déjà décidé d'octroyer une aide forfaitaire de 3.000 euros à chaque établissement. Je ne doute pas que nous pourrons, la semaine prochaine, confirmer et étendre cette mesure à l'ensemble du secteur", a assuré Rudi Vervoort, le ministre-président.

La Flandre, elle, va prolonger les primes de compensation. "On ne va pas donner une prime fixe, mais une prime en fonction de la diminution du chiffre d'affaires. Une primer de 10% de leur chiffre d'affaires durant la période de référence en 2019", a expliqué Jan Jambon, le ministre-président flamand. Une prime qui ne pourra pas dépasser les 22.500 euros.

"Les secteurs sont mis en concurrence", déplore l'événementiel

"Pourquoi l'horeca est-il soutenu et pas l'événementiel? Ne sommes-nous pas aussi importants pour le tissu social", s'interroge dimanche le secteur de l'événementiel dans un communiqué. Rassemblé sous la devise #SoundOfSilence, il considère que les différents secteurs sont mis en concurrence et discriminés.

"L'horeca ferme pour la deuxième fois en 2020. (...) Un drame que les autorités tentent de gérer en prenant de grandes mesures de soutien. Et à raison. Toutefois, nous nous demandons depuis des mois ce qu'il en est du soutien aux organisateurs d'événements", soulignent ceux-ci. "Huit mois se sont écoulés. (...) Nos perspectives s'assombrissent un peu plus à chaque fois. Pourtant, l'événementiel - comme l'horeca et le secteur du voyage - a été reconnu comme un des plus durement touchés" par la crise du coronavirus.

L'enveloppe de 500 millions d'euros dégagée pour offrir un peu d'oxygène aux établissements horeca et aux organisateurs d'événements constitue un début, selon ces derniers. "Mais ce sont des cacahuètes comparé aux 777 millions d'euros dont notre seul secteur a besoin pour tenir jusque décembre", déplorent-ils.

L'événementiel estime que les différents secteurs sont mis en concurrence et discriminés. "On vaincra le virus 'tous ensemble'? D'accord, mais encore faut-il nous soutenir émotionnellement et financièrement".

Il demande dès lors d'être véritablement reconnu comme secteur en crise et du soutien pour son plan d'aide en cinq points, rejeté selon lui. Ce plan prévoit une "unité de commandement", un accord bancaire renouvelé assorti de subsides sur mesure, la prolongation du droit passerelle et du chômage technique, un plan de relance spécifique au secteur et un "Event Master" qui, tel un chef d'orchestre, fera avancer toutes les parties au même rythme.

 




 

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