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Les Wallons sont-ils vraiment plus gros que les Flamands? "Il y a 48% d'excès de poids en Belgique, on parle d'une catastrophe nationale"

Le taux de Wallons obèses s'élève à 16% contre 12,5% en Flandre. Le nombre d'opérations visant à faire maigrir le patient est presque 2 fois supérieur en Wallonie qu'en Flandre. Face à un tel constat, la députée N-VA Yoleen Van Camp préconise de "scinder la sécurité sociale". Pour le parti nationaliste, cela permettrait à la Wallonie de mener plus d'actions ciblées contre l'obésité auprès des jeunes.

Une députée de la N-VA, Yoleen Van Camp, a proposé dimanche de scinder la sécurité sociale. La revendication des nationalistes flamands n'est pas neuve mais la parlementaire fédérale prend cette fois-ci argument du taux d'obésité en Wallonie pour la justifier.

La députée a pointé du doigt l'augmentation considérable des remboursements d'opérations chirurgicales de l'estomac, dont le coût pour la sécurité sociale est passé de 52,5 millions d'euros en 2012 à 64 millions en 2016.

Selon elle, une partie de ces frais pourraient être évités car ce genre d'intervention ne s'impose pas dans bon nombre de cas. Le nombre d'opérations visant à faire maigrir le patient est presque deux fois supérieur en Wallonie qu'en Flandre si l'on tient compte des chiffres de population.

"Il serait plus indiqué de scinder la sécurité sociale"

"La Wallonie compte plus de personnes en surpoids et obèses. Le taux de Wallons obèses s'élève par exemple à 16% contre 12,5% en Flandre. La différence est la plus fort chez les jeunes: 25% contre 16% en Flandre. Par conséquent, il serait plus indiqué de scinder la sécurité sociale", a expliqué Mme Van Camp.

Sur le plateau de l'émission "C'est pas tous les jours dimanche" diffusée sur RTL TVI, Jean-Paul Allonsius, représentant de l'association belge des patients obèses a exprimé son mécontentement face à de telles déclarations.

Selon lui, il est important de rappeler que l'obésité est une maladie et exige à ce titre un important accompagnement. 

"A partir du moment où l'on sait que l'obésité est une maladie chronique, on ne s'attend pas à ce que l'on vous montre du doigt, on s'attend à une main tendue. Si vraiment elle (la députée de la N-VA) persiste dans cette idée-là, je ferai un signalement au centre de l'égalité des chances, c'est pas normal" , a-t-il confié. 


"Ces propos sont accusateurs"

Un sentiment partagé par Christelle Belle, dont les lourds traitements pour soigner une maladie lui ont fait prendre près de 30 kilos en quelques années. 

"Ces propos sont accusateurs. Quand on prend du poids, ce n'est pas uniquement à cause d'une malbouffe", affirme-t-elle. Pour elle, il est urgent de reconsidérer cette maladie. Inutile de recommander systématiquement la course à pieds aux personnes obèses, ce n'est pas une issue favorable. 

"Ce qui est très culpabilisant c'est quand on te dit 'Va courir, ça te coûte pas cher'. Non, mon oncologue me le déconseille", indique la témoin.


La prévention, un enjeu de santé publique 

Pour Jean Tafforeau, Chef du service Modes de vie et maladies chroniques au Centre fédéral Sciensano, le vrai débat est ailleurs. "Il y a 48% d'excès de poids en Belgique, on parle d'une catastrophe nationale. Et on est en train de se disputer entre Wallons et Flamands pour savoir qui va payer quoi. On a un problème de santé publique majeur", s'exclame-t-il. 

Le chef du service scientifique assure qu'entre la Wallonie et la Flandre, le nombre de personnes obèses varie de 2%. "C'est une différence mineure, ça ne sert à rien d'en parler", insiste-t-il. 

Plutôt que de se questionner sur les Régions qui doivent payer, il devient urgent de faire de la prévention. "Entre 3 et 17 ans, on a de 15 à 20% d'excès de poids. Il y a une légère différence sud/ nord, c'est un petit peu plus marqué en Wallonie. L'évolution que l'on constate va en s'aggravant", note Jean Tafforeau.

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