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Déboisement le long de nos autoroutes: "Ca a été fait de manière sauvage"

Tout le monde l’a constaté: le long des autoroutes, ce printemps, c’est nettoyage par le vide. Le Service Public wallon Mobilité (SPW) pratique un abattage quasi systématique des arbres sur les aires de repos du sud du pays. Il y a bien sûr des enjeux de sécurité routière mais était-ce la façon adéquate d’opérer ? Y a-t-il eu des études d’incidence ? Pourquoi avoir coupé autant ? Laurence Zanchetta est la porte-parole du Service Public de Wallonie (SPW). Elle était invitée sur le plateau de "C’est pas tous les jours dimanche". Elle est revenue sur les plaintes des riverains qui se pointent du doigt le bruit, plus important, depuis l’abattage des arbres. Elle explique: "C’est visuel. Je caricature, mais si au bout de votre de jardin vous avez une autoroute et que tout d’un coup on abat tous les arbres, vous avez l’impression d’entendre plus les voitures. Ca n’a aucun effet, il y a des études qui le prouvent." Un avis que ne partage pas du tout Marc Dufrêne, professeur à l’Université de Liège-Gembloux: "Le rôle de la forêt se fait aussi par le sol. Il y a un effet d’absorption du bruit par le sol. Quand on a une situation où les troncs sont extrêmement denses, c’est comme si c’était un mur."

Environ 10 millions par an


De son côté Michel Henrion, chroniqueur dans l’émission dominicale est très remontée contre la gestion de ces arbres: "Ce n’est plus de l’entretien. J’ai l’impression que cela a été fait à l’arrache et de manière sauvage. À cause de cela, il y a un émoi populaire. Il y a une indignation. C'est très rare et très révélateur. On passe son temps à apprendre aux enfants dans les écoles que la nature est un bien extrêmement précieux, mais visuellement ici c’est tout le contraire."

Laurence Zanchetta a également apporté des précisions quant aux couts de ses travaux de déboisement: "Ça représente environ 10 millions par an. Ce qui coûte, c’est la signalisation. Pour intervenir le long des autoroutes, il faut une signalisation spécifique car c’est dangereux. Les entrepreneurs revendent les troncs d’arbres pour en faire des pellets. Raison pour laquelle l’entrepreneur nous facture un coût moindre pour car il va pouvoir revaloriser."

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