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Des candidats francophones défendent leur choix de se présenter sur des listes N-VA: "On n'oblige aucun francophone à venir en Flandre"

Des candidats francophones défendent leur choix de se présenter sur des listes N-VA:
COMMUNALES 2018

Des candidats d'origine francophones se retrouvent sur des listes N-VA dans des communes de la périphérie bruxelloise. Une position que ne comprennent pas les candidats francophones présents sur d'autres listes.

La N-VA, on la connait. C’est l’incarnation d’une certaine Flandre, attachée à sa terre, à ses valeurs, une droite assumée, et qui veut par-dessus tout une chose : le confédéralisme, comme l’expriment depuis longtemps différents membres du parti comme Bart de Wever, Siegfried Bracke, ou encore Jan Jambon. Et ce depuis longtemps.

Face à cela, côté francophone, le climat est très anti-N-VA. On a ainsi déjà entendu dans des manifestations des cris tels que "Francken Buiten" ("Francken dehors"). Autre marque de ce climat hostile : la façade récemment saccagée du Mouvement réformateur à Namur, taguée d’inscriptions telles que "collabo".

Et les déclarations polémiques à répétition de Bart De Wever et de Theo Francken n’arrangent rien.

Une campagne dans les deux langues à Bruxelles

Difficile dès lors d’imaginer que des francophones puissent se présenter sur les listes jaune et noire ! Et pourtant, aux prochaines élections communales, on découvre que la langue maternelle d’une dizaine de candidats N-VA n’est pas celle de Bart De Wever. En région bruxelloise, la N-VA présentera des listes dans 13 communes. Et les candidats font campagne dans les deux langues avec, selon la tête de liste à Bruxelles Ville Johan Van den Driessche, pas mal de succès auprès des francophones.

A Molenbeek, Laurent Mutambayi, est tête de liste NVA. D’origine congolaise, arrivé en Belgique en 2003, il est membre du cabinet de Theo Francken. "Garantir le gîte et le court à tout demandeur d’asile, c’est même la fierté du secrétaire d’état", déclarait-il.

Dans la périphérie bruxelloise, on trouve également Anne-Laure Mouligneaux, 36 ans et deuxième sur la liste N-VA de Grimbergen. Elle défend "nos normes et nos valeurs flamandes". Porte-parole de Bart De Wever et de Jan Jambon, ses premiers pas en politique, c’est pourtant au MR qu’elle les a faits il y a 6 ans.

Maxence Van Impe, 24 ans, est quant à lui candidat à Beersel, membre de la NVA depuis 2 ans. En privé il parle français, voire le bruxellois avec son père, mais dans la rue, c’est uniquement en néerlandais. "Ainsi je peux m’intégrer dans la communauté flamande", précise-t-il.


"Je pense au respect de la culture flamande"

Des candidats hors du commun, car dans le programme du parti, la fin de la Belgique reste au sommet des objectifs.

"La langue qu'on parle à la maison, peu importe. Ce qu'on demande à tous les francophones qui viennent en Flandre, c'est de s'intégrer, et de parler néerlandais dans leurs interactions avec la commune et dans la vie publique", appuie Anne-Laure Mouligneaux, candidate N-Va à Grimbergen.

"Je pense au respect de la culture flamande mais aussi à celle de mon village, ma commune, qui doit rester comme telle et qu'on ne veut pas voir devenir une ville", a défendu Maxime Van Impe, candidat N-VA à Beersel.

De l'autre côté de la table, on estime que les candidats présents sur le plateau pratiquent la langue de bois. "On essaie de nous enfumer, amis quand un cadre du parti dit: 'Quand on est dans l'espace public, dans la rue, on parle le néerlandais. Ceux qui refusent, c'est vraiment dommage'. Eh bien c'est contraire à l'article 2 et à l'article 29 de droits de l'homme. La N-VA veut imposer l'usage du néerlandais dans la rue", s'indigne Alain Raviart.


"Il y a des lois à respecter"

"Est-ce qu'on peut rappeler que cette rue est en Flandre et qu'on oblige aucun francophone à venir habiter en Flandre", a rétorqué Anne-Laure Mouligneaux.

"Avant d'être en Flandre, ils sont en Europe, et en Belgique. Il y a des lois à respecter", a rappelé Sophie Rohony, candidate DéFi à Rhode Saint-Genèse.

"C'est dangereux parce qu'on attaque la notion de liberté. Ce manque de liberté est de nous enlever des droits qui sont acquis, qui sont betonnés dans la constitution. Donc oui, cela me pose problème", a ajouté Valérie Geeurickx, bourgmestre (indépendante) de Linkebeek. "Moi ce que je remarque, c'est qu'entre personnes, dans ces communes, tout se passe bien. Il n'y a pas de conflit entre néerlandophones et francophones", a-t-elle conclu, accusant les politiciens N-VA de créer des conflits entre communautés.

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