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Sarah demande que sa sœur, veuve d'un djihadiste, puisse rejoindre la Belgique: "Son retour est une urgence"

Une série de reportages diffusés cette semaine dans le RTL INFO et sur VTM ont relancé la polémique : que faut-il faire des djihadistes belges prisonniers en Irak et en Syrie ? Les rapatrier en Belgique, au risque de les voir reprendre leurs activités dès la sortie de prison ? Ou les laisser sur place, dans des conditions parfois inhumaines ?

Invitée sur le plateau de l'émission C'est pas tous les jours dimanche, Sarah Laakel (28 ans) est venue témoigner. Sa sœur Nora, 24 ans, est partie en Syrie quand elle en avait 18. Elle a à présent quatre enfants. 

Aujourd’hui, Sarah demande que la veuve d'un djihadiste puisse rentrer en Belgique. "On se bat pour qu’elle puisse rentrer en Belgique pour qu’elle puisse ensuite revivre une vie normale, loin de la guerre. Elle n’a pas été rejoindre un groupe mais son amour de jeunesse", raconte Sarah. "Elle a connu un jeune garçon quand elle avait 16 ans en Belgique. Ce dernier avait rejoint ensuite son grand frère en Syrie où il a été tué par balles. Elle n’a jamais eu de sympathie pour l’Etat islamique. J’ai des nouvelles régulièrement et ça va extrêmement mal pour elle. Son retour est une urgence."

Un retour en Belgique est-il possible? Selon Darya Safai, députée fédérale N-VA, l'opération ne sera pas simple à mettre en oeuvre. "J’aimerais parler du problème de manière globale. Selon moi, on oublie que ces personnes sont parties travailler pour l’Etat islamique avec comme but de conquérir le monde entier.  Finalement, ils ont rejoint un groupe terroriste qui voulait détruire la civilisation occidentale. Je ne pense donc pas que la déradicalisation va être si simple que ça pour quelqu’un avec cette idéologie-là", estime-t-elle. "Ce qui est important de dire est que le retour des djihadistes belges est une question de sécurité nationale. C’est notre responsabilité en tant que politique de protéger nos valeurs." 

Elle ajoute: "Si on veut faire un procès ici de ces gens, nous n’avons pas suffisamment de preuves."

Ce qui se passe dans le camp de Al-Hol, c’est désastreux

Robin Ramaekers , journaliste pour VTM, est allé dans une prison au nord de la Syrie. "Là-bas, nous avons visité une prison pour les hommes et un camp où la sœur de Sarah, ici sur le plateau, se trouve.  On voulait la rencontrer mais on ne l’a pas retrouvée malheureusement.  Nous avons vu des hommes, des femmes mais aussi une soixantaine d’enfants dans le camp de Al-Hol. J’ai pu constater sur place que les hommes disent qu’ils sont innocents et n’ont pas fait grand-chose. Les femmes racontent qu’elles ont suivi leurs hommes. Mais il reste les enfants. Selon moi, notre plus grande responsabilité est vis-à-vis des enfants", souligne-t-il.

Concernant les conditions de vie, il assure que "c’est l’horreur". "En ce qui concerne le camp de Al-Hol, c’est désastreux. C’est un camp de 70.000 personnes. Presque tous en provenance de Daesh. Ils sont enfermés et il n’y a pas de soins médicaux. Pas suffisamment de nourriture et d’eau. Il n’y a pas de perspectives."

A la question "Faut-il rapatrier les djihadistes belges?", Saskia Bricmont (députée européenne Ecolo) répond: "Face à un débat comme celui-là, j’estime que les djihadistes ont droit à un procès, mais perdre leur trace est le plus grand danger aujourd’hui. Il y a des expertes américaines et européennes sur place qui sont en train de collecter des preuves. On parle beaucoup en Belgique mais il y a des choses concrètes qui sont réalisées sur place", conclut-elle.

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