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Nucléaire iranien: comment des entreprises belges pourraient profiter du retrait des Etats-Unis?

Donald Trump a annoncé le retrait pur et simple des Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien avec un retour de toutes les sanctions. Ce pacte de 2015 visait à empêcher Téhéran de se doter de l’arme nucléaire en échange de la levée des sanctions économiques occidentales. Quelles conséquences pour la Belgique?

Quinze mois après son arrivée au pouvoir, le 45e président des Etats-Unis a décidé, comme il l'avait promis en campagne, de sortir de cet accord emblématique conclu en 2015 par son prédécesseur démocrate Barack Obama après  21 mois de négociations internationales acharnées.

"J'annonce aujourd'hui que les Etats-Unis vont se retirer de l'accord nucléaire iranien", avait-il déclaré dans une allocution télévisée depuis la Maison Blanche, faisant craindre une montée des tensions au Moyen Orient.

Le président septuagénaire a annoncé le rétablissement des sanctions contre la République islamique qui avaient été levées en contrepartie de l'engagement pris par l'Iran de ne pas se doter de l'arme nucléaire.


Les Etats-Unis devenus un "Etat voyou"

Sur le plateau de C'est pas tous les jours dimanche, les invités ont, tour à tour, donné leur opinion quant à ce soudain retrait états-unien.

De son côté, Christine Defraigne, présidente du Sénat - MR, dénonce un "état voyou". "On a vu que les Etats Unis avaient eu la même pratique avec l’accord sur le climat et je trouve toujours très dangereux au regard du droit international de dénoncer des accords qui impliquent plusieurs parties", affirme-t-elle.

James T. O’Neal, représentant des Republicans Overseas Luxembourg, insiste, quant à lui, sur le fait que le président Donald Trump s'apprête à travailler avec ses alliés tels que la France, l'Angleterre ou encore l'Allemagne. "Ce n'est pas unilatéral !", s'exclame-t-il.


Quelles conséquences pour la Belgique ?

Pourtant, la Maison Blanche fait le forcing sur les entreprises européennes et américaines pour qu’elles quittent l’Iran sous peine de "lourdes conséquences". Doit-on s'attendre à des répercussions pour les entreprises belges ? 

Signé en 2015, l'accord sur le programme iranien avait permis de multiplier le montant des exportations belges "par 3". Pour Kyann Goossens, co-fondateur et manager de DeaLink, il faut s'attendre à des répercussions sur le sol belge. Exemple: le prix du pétrole a récemment augmenté suite à un regain de tensions dans la région. 

Selon le co-fondateur de DeaLink, la situation des multinationale n'est pas réellement à craindre. "Elles sont tellement importantes qu’elles peuvent négocier un accord individualisé. Elles vont demander que l’on défende leur cas individuel. Elles pourraient éventuellement s’en sortir", note-t-il. 



Deux pistes à l'étude

Pour les petites entreprises, il existerait des possibilités. "La plupart des petites entreprises wallones ne sont pas du tout liées au Etats-Unis. Elles n’exportent pas. Il pourrait y avoir une place pour elles de commercer avec l’Iran là où d’autres ne peuvent plus", précise Kyann Goossens. 

En France, deux pistes sont déjà à l'étude. "La première est un statut spécial pour les entreprises européennes. La deuxième est mettre en place des outils financiers européens non liés au financiers américains. C’est ce qu’on attend depuis le début", explique le co-fondateur et manager de DeaLink.

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